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Tome second.
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9 8 HISTOIRE

Commentaire sur le même ouvrage ; mais soit dit sans dérogesau mérite de cet auteur, estimable à d’autres égards , c’est untrès-mauvais livre , qui n’est propre qu’à donner de fausses idéesau lecteur qui croiroit s’en aider. On s’en convaincra en lisantune lettre de M. Bernoulli ( Opp. t. III. ) ; celui du P. Pauliann’est guère propre qu’à guider des foibles commençans.

On seroit porté à penser que le marquis de l’Hôpital avoitsu communiquer à sa femme quelque peu de son goût et deses connoissances mathématiques ; car un certain Lamontreayant publié quelque paralogisme sur la Géométrie, il fut réfutépar la marquise de l’Hôpital, dans le Journal des Savans, de 1791.Mais nous l’avouons , la Géométrie d’une femme ou fille degéomètre nous paroît un peu suspecte ; il peut se faire queM. de l’Hôpital, dédaignant de se mesurer avec un tel adver-saire , ait mis pour l’humilier davantage le nom de la marquiseà la tête de cette réfutation.

Le marquis de l’Hôpital mourut en 1704 , âgé seulement dequarante - trois ans ; outre son Analyse des infiniment petits ,il laissa prêt pour l’impression son Traité analytique des Sec-tions coniques , et de la construction des lieux géométriques.Ce livre parut en 1707 ( in- 4 0 . ) , et est estimé un des meilleurssur cette partie de l’analyse. Dirai-je ici que les Infiniment-petitsfirent assez de bruit chez le peuple frivole de Paris , pour donnerlieu à un vaudeville et à un air, intitulé des Infiniment-petits ,où l’on plaisantoit sur la santé frêle du marquis de l’Hôpital ,et où l’on disoit que la marquise étoit peu favorable à la nou-velle Géométrie. J’ai fait tout mon possible pour en retrouverles paroles , dont j’aurois volontiers égayé une matière aussisèche.

11 auroit été à désirer que le calcul intégral eût été traité de lamême main , ou par une aussi habile ; mais M. Leibnitz médi-tant depuis du temps un ouvrage , intitulé de Scientid infiniti ,dont ce calcul devoit former la principale partie , cela arrêta laplume de M. de l’Hôpital. L’attente du public ne fut remplieen partie qu’en 1707 , que M. Gabriel Manfrcdi publia son Traitéde Constructione aequationum differentialium primi gradus ;c’est un ouvrage où l’on trouve rassemblé , avec beaucoup desavoir , tout ce qui avoit été fait à cette époque sur le calculintégral. Ce seroit ici le lieu de rendre compte des premiersprogrès de ce calcul , mais comme il a pris ses accroissemensles plus remarquables dans ce siècle-ci, nous différons ce récitusqu’à la partie suivante de notre histoire , afin de présentersous un même point de vue tout ce qui le concerne.