558 HISTOIRE
-progrès de l’astronomie et de la géographie , appelloit d’Italiele célèbre Dominique Cassini, et ordonnoit la construction d’unobservatoire digne de sa magnificence. Le lieu en fut désignédès le milieu de l’année 1667, et les fondemens en furent jettésla même année. Ce magnifique monument de l’astronomie, l'i ndes chefs-d’œuvre de Perrault , et de l’architecture françoise ,est trop connu par les gravures , pour nous amuser à le dé-crire. L’ouvrage fut conduit avec rapidité, malgré sa grandeuret la nature de sa construction , et il fut entièrement achevéen 1675. Sa majesté le fournit de nombreux instrumens, ou-vrages des meilleurs artistes, et depuis lors il n’a cessé de pro-duire d’importantes découvertes en astronomie.
Londres , toujours émule de Paris , comme Paris l’est deLondres , ne tarda pas d’avoir dans ses environs un édificedestiné aux mêmes travaux. Voici ce qui donna lieu à sa cons-truction. Vers l’année 1673, un nommé le sieur de Saint-Pierrese présenta à la cour de Charles II, annonçant la découverte•des longitudes , et il obtint qu’on nommât des commissairesde l’amirauté pour examiner son invention. Ceux-ci travaillantà cet examen , admirent dans leurs assemblées divers mathé-maticiens habiles , entr’autres M. Flamstead. Cet astronome ,encore jeune alors , mais qui avoit déjà donné des preuvesd’un talent supérieur, montra facilement que l’invention pro-posée étoit .insuffisante , parce que ni les tables des lieux desfixes , ni la théorie de la lune , que le S. de Saint-Pierre em-ployoit à l’exemple de Morin , m’avoient acquis assez de per-fection pour pouvoir compter sur elles. Il écrivit sur ce sujetdeux lettres, l’une adressée aux commissaires, l’autre à l’auteurdu projet, pour éteudre et confirmer davantage ce qu’il avoitdit. Cette affaire fit beaucoup de bruit à la cour, par l’intérêtqu’y prenoit la fameuse duchesse de Portsmouth , dont le S. deSaint-Pierre avoit gagné la faveur , et les deux lettres de Flarn-stead étant tombées entre les mains de Charles II , il en futétonné , et il ordonna aussitôt qu’on perfectionnât ces partiesde l’astronomie pour l’utilité de la marine. On lui représentaque ce travail exigeoit un homme entier , et des secours quel’astronomie n’avoit point encore eus'; sur quoi il ordonna laconstruction d’un observatoire , et il choisit lui-même , pour yobserver , M. Flamstead, le nommant son astronome, avec centguinées d’appointemens. On balança quelque temps sur la situa-tion du nouvel observatoire. On jetta les yeux sur Chelsea ,Hyde-Park, Gréenwich; mais enfin ce dernier fut préféré. C’estun lieu à deux mille de Londres , en descendant la Tamise. Là,sur une colline charmante où la vue est continuellement ré-créée par le passage d’une foule de bâtimens , s’élève l’obser-