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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. I. 10 3différences Leibnitiennes , se servoit et s’étoit toujours servi desfluxions, comme le P. Fabri avoit substitué dans sa Geometriaesynopsis , le mouvement aux indivisibles de Cavalleri. C’étoit,ce semble, dire que Neuton n’avoit fait que substituer les fluxionsaux différences , quoique ces mots , et s’est toujours servi ,semblent insérés à dessein pour prévenir ce sens. Quelque fûtl’objet des journalistes qui auroient pu s’exprimer plus clai-rement , et rendre sans ambiguité à Neuton la justice qui luiétoit due , cet article blessa ses compatriotes , et sans doute lui-même. C’est pourquoi Keil inséra en 1708 dans les Transactionsphilosophiques un écrit, où il disoit formellement que Neutonétoit le premier inventeur du calcul des fluxions , et que Leibnitzen le publiant dans les Actes de Léipsick , n’avoit fait qu’enchanger le nom et la notation.

Leibnitz prit ces paroles pour une accusation de plagiat , àquoi elles ressemblent effectivement beaucoup , et par une lettreécrite à M. Hans Sloane , secrétaire de la Société royale , il* demanda que Keil se rétractât. Keil, au lieu de le faire , répondità M. Hans Sloane par une longue lettre, où il accumule toutesles raisons qu’il peut pour montrer que non-seulement Neutona précédé Leibnitz, mais qu’il lui a donné tant d’indices de soncalcul , qu’il ne pouvoit pas échapper à un homme même d’uneintelligence médiocre. La lettre fut envoyée à Leibnitz , quidemanda à la Société royale de faire cesser ces criailleries de lapart d’un homme trop nouveau pour savoir ce qui s’étoit passéentre Neuton et lui. La Société royale jugea qu’il falioit con-sulter les pièces originales , et nomma des commissaires pourles choisir et les examiner. Ils rassemblèrent celles qu’on lit dansle Comm. Epist. , et ils firent leur rapport de cette manière :Qu’il paroissoit par ces pièces, que M. Collins communiquoitfort librement aux habiles gens le« écrits dont il étoit le dépo-sitaire ; que M. Leibnitz ne paroissoit pas avoir eu connoissancede son calcul jusqu’au mois de juin 1677 , un an après la com-munication d’une lettre , où la méthode des fluxions étoit suf-fisamment décrite pour toute personne intelligente. Nous remar-quons ici qu’après avoir lu et relu cette lettre, nous y trouvonsseulement cette méthode décrite, quant à ses effets et ses avan-tages , mais non quant à ses principes ; ce qu’il est importantd’observer, afin de ne point donner à ce mot un sens qu’il nedoit point avoir , et sur lequel quelqu’un qui n’auroit pas lespièces en main , condamneroit sans hésiter M. Leibnitz. Maisrevenons au rapport des commissaires de la Société royale. Usajoutent que par des lettres deNeuton, depuis 1669 jusqu’en 1677,il paroît qu’il étoit en possession de la méthode des fluxions ;que la méthode différentielle de Leibnitz étoit la même , aux