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Tome troisième.
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10 6 HISTOIRE

faisoit relever, avec une sorte d’affectation et quelquefois sanstrop de justice, de légères taches de ses Principes, et qui le rendittoujours très-peu favorable au système de la gravitation univer-selle qu’il combattit souvent : on en a des exemples dans sa piècesur la cause de l’inclinaison des orbites des planètes à P équa-teur, et dans nombre d’autres endroits de ses ouvrages. Tel estle foible de l’esprit huinaiu; il semble que des hommes tels queBernoulli, Neuton, Leibnitz humilieroient trop les autres hommess’ils n’avoient pas payé quelque tribut à l’humanité.

Un ami commun, ou soi disant tel, de Leibnitz et de Neuton(l’abbé Conti, noble Vénitien) entreprit en 1715 de les faireexpliquer l’un avec l’autre; mais cela ne servit qu’à les aigrir davan-tage, et en effet l’abbé Conti ne joua, ce semble, que le rôle d’unmédiateur très-partial ou très-maladroit ; car Neuton lui-même,quoiqu’il lui fût plus favorable qu’à Leibnitz, en fut fort- mécon-tent. Ainsi Leibnitz persista à contester à Neuton son droit depriorité sur le calcul en question, et Neuton refusa à Leibnitz cequ’il lui avoit autrefois accordé •, enlin la mort de Leibnitz ,arrivée en 1716, mit fin à la querelle.

Nous devons maintenant entrer dans quelques détails sur lesnotes du commercium epistolicum , et cela est d’autant plusnécessaire que nous voyons M. de Buffon, dans la préface de satraduction du traité des fluxions, les adopter sans réserve, etconséquemment décider le procès contre Leibnitz. En effet on litdans la préface dont nous parlons , qu’il est prouvé par les lettresde Leibnitz qu’il a eu connoissance de la méthode des suitesavant de donner la sienne pour le cercle, et que celle-ci mômelui avoit été envoyée par la voie d’Oldenbourg ; que Leibnitzn’en avoit pa 3 la démonstration, puisqu’il la demanda dans lasuite ; qu’en 1679 il donna une méthode des tangentes qui n’estque la même que celle de Barrow, à la notation près, et dont lecalcul est le même que celui de Neuton communiqué dès 1669 àBarrow. Quatre ou cinq pages plus loin, on lit encore que lecalcul des secondes , troisièmes etc., a été donné dans la premièreproposition du traité des quadratures communiqué à Leibnitzdès l’année 1675.

Telle est, en effet , la substance des apostilles ajoutées aucommercium epistolicum , et il faut concevoir que si elles étoientexactes, on ne pourroit disculper Leibnitz d’un plagiat évident ;mais elles sont toutes ou inexactes ou susceptibles de répliquesqui les anéantissent, comme le vont montrer les observationssuivantes.

i°. Quelque soin que j’aye mis à lire le Commercium episto-licum, je n’y ai vu nulle part que la méthode des suites ait étédévoilée à Leibnitz, ni qu’il ait reçu aucune suite pour le cercle