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leurs il n’y a point de découvertes dont on n’exténuûtt le: méritepar un exposé artificieux des gradations, souvent présenté insen-sibles, qui ont pu y conduire.
Ces apostille^ ajoutées au commercium epistolicum , ne sontdonc point aussi concluantes qu’elles l’ont paru à M. rit Bafïbn ,et j’ai lieu de croire qu’il ne s’étoit point donné la peîre de lire ,au moins avec l’attention suffisante, l’ouvrage même. On pourratoujours faire valoir en faveur de Leibnitz, le témoignage queNeuton lui rend lui-même dans la première édition de ses prin-cipes : car qui savoit mieux que Neuton jusqu’où ses lettresavoient pu mettre Leibnitz sur la voie ? Voici cependant ce qu’onlit dans cet ouvrage (i). Il y a dix ans, dit Neuton , qu'étant encommerce de lettres avec M. Leibnitz , et lui ayant donné avisque j’étois en possession d’une méthode pour déterminer lestangentes et pour les questions de maxirnis et minirnis, méthodeque n’ embarras s oient point les irrationalités , et l’ayant cachéesous des lettres transposées , il me répondit qu’id avoit ren-contré une méthode semblable,et il me communiqua cette méthodequi ne dijféroit de la mienne que dans les termes et dans lessignes , comme aussi dans l’idée de la génération des grandeurs.Cela se lit encore dans l’édition de i7i3 et dans celle de 171/f »qui n’en est que la répétition faite à Amsterdam ; mais on l’asupprimé de celle de 1726 , et j’apprends, par des notes de bonnemain qui me sont venues d’Angleterre, que cette suppression estl’ouvrage de Neuton : car on me marque avoir vu ce qui a étésubstitué à la place, écrit de la main de Neuton même, dans lesfeuilles d’épreuves conservées par Pemberton, qui soigna cetteédition. J’ai su par la même voie que les notes qui accompagnentle commercium epistolicum sont aussi de Neuton même.
On se demandera peut être pourquoi cette suppression ne futpas faite lors de l’édition des principes de 171^, puisque alorsla querelle étoit encore dans toute sa chaleur ; en voici la raison ,qui est une anecdote assez peu connue et que je tiens de la mêmemain que ce que j’ai dit ci dessus. C’est que cette édition fut faiteà Cambridge, loin de Neuton et presque en cachette, par les soinsde Cotes et de Bentley, et que Neuton en fut très-mécontent.C’est, en effet, un procédé assez étrange de la part de ces deuxhommes , d’ailleurs célèbres , que d’imprimer un ouvrage duvivant de son auteur sans prendre, pour ainsi dire, son 'attachesur les changemens ou additions à y faire. Au reste, il est aisé deconcevoir qu’exaspéré par le procédé de Leibnitz qui lui refusoitune priorité si légitimement due, par quelques écrits violens deses partisans et par l’espèce de persécution de Bernoulli qui
(1) Lib. II. Lemm. Il, Scholium.