îio HISTOIRE
peut être capable de faire ce pas, s’en seroit tenu 1k ; au Heu queLeibnitz ne tarda pas d’appliquer l’un et l’antre calcul sous sanouvelle forme aux problèmes les plus difficiles tant de la Géo-métrie que de la mécanique transcendante.
Nous terminerons là l’histoire de cette fameuse querelle : nousnous bornerons seulement à observer que, dans le tome II durecueil des pièces de M. Desmaiseaux, on en trouve un grandnombre qui sont relatives à ce sujet : on les lit aussi dans leIII e volume des opéra Lelbnitii ( page 44^ "- 1 49 2 ) > ce mêmevolume contient aussi la correspondance mathématique entre"Wallis et Leibnitz (page 91 — i34)-Tous ces morceaux, à partmême la querelle entre Leibnitz et Neuton, sont très-intéressanspour l’histoire des découvertes analytiques de ce siècle.
X I I.
En parlant de la découverte du calcul différentiel et de sespremiers progrès, nous avons fait mention de quelques attaquesqu’il essuya, et en particulier de la part de M. Nieu vendit j maiscet adversaire n’étoit pas un homme fort redoutable pour lenouveau calcul. M. Nieuwentiit, quoique auteur d’un livre assezbien pensé sur la théologie physique, ne fait que déraisonnerquand il parle de l’analyse.
Le calcul dont nous parlons essuya, vers le commencement dece siècle, de la part de M. Rolle, une attaque plus sérieuse etplus redoutable, si ses succès eussent répondu à son ardeur età la réputation qu’il s’étoit faite dans l’algèbre la plus hérisséed’épines. En effet, pour tracer en peu de mots le portrait de cetadversaire des nouveaux calculs, c’étoit un algébriste habile,un intrépide calculateur, mais un homme singulièrement con-fiant en ses idées, fort précipité et jaloux même des inventionsd’autrui. Né à Ambert en i 632, et étant venu à Paris sans autrefortune qu’une aptitude étonnante pour le calcul, il avoit débutéd’une manière brillante dans la carrière de l’analyse algébrique,savoir par la solution d’un problème indéterminé qu’Ozanam,très-fort en ce genre de questions , avoit jugé ne pouvoir serésoudre qu’en un très-grand nombre de chiffres. Rolle endonna une ou plusieurs solutions beaucoup plus simples ( 1 ).Cela l’avoit fait rechercher par M. Colbert pour la nouvelleacadémie. Il donna vers la Hn de ce siècle divers ouvrages où au
(1) Nous remarquerons ici que Leibnitz du problème d’Ozanam,une solution ce-pendant son séjour à Paris , ve;s 1673 , nérale qui manquoit à ce dernier. Voyezavoit fait la même chose, et avoit donné Opéra Leibnitii , tom. III. psg. 30.