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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. I. 127

X I V.

On ne peut Jouter que Neuton ne soit le premier inventeur ducalcul intégral, ou, comme on le nomme en Angleterre, desfluentes, comme il l’étoit de celui des fluxions ou différentiel.Cette vérité est mise dans un jour suffisant par divers endroits ducommerciunt epistolicum , par le livre de analysi. per aequationesnuméro terminorum infinitas où le principe de la méthode desfluxions et de son inverse est démontré, et par la lettre que Neutonécrivoit à Léibnitz en 1676 ; il dit dans cette dernière qu’il est enpossession de la méthode inverse des tangentes, mais il cache sonsecret sous des lettres transposées. On y lit aussi une semblableénigme dont l’explication est, data aequatione quotcumquefluentes quantitates involvente fluxiones invenire etviceversâ;question dont il dit avoir aussi la solution, et s’être servi pourtrouver divers théorèmes généraux qu’il donne sur la quadraturedes courbes.

Cependant quoique Neuton fût en possession d’un trésor siprécieux, il ne paroît pas en avoir rien communiqué au publicjusqu’au commencement du siècle présent , ou du moins nes’échappa-t-il de ce côté que quelques foibles rayons de la lumièreque Neuton tenoit comme cachée sous le boisseau. On lit, à lavérité, dans le lemme II du deuxième livre de ses principes, lefondement de la méthode directe des fluxions; mais on n’y voitencore rien de développé concernant la méthode inverse. Enfinl’on remarque que les premières étincelles de cette découverteque reçut l’Angleterre lui vinrent du continent. Craige, dans sontraité intitulé, methodus figurarum curvilinearum quadraturasdeterminandi publié en i685, et même dans celui de figurarumcurvilinearum quadraturis qui vit le jour en 1693, ne fait mentionque de Leibnitz. Il ne se sert dans ce dernier que des indicationsdu calcul intégral que lui avoient fourni les actes de Léipsick etil n’emploie que le signe différentiel adopté par les géomètres ducontinent, signe qu’il changea en celui de Neuton dans son traitéde calculo fluentium , imprimé en 1718: on lit même dans cedernier ouvrage une chose qui surprendra le lecteur, et quijetteroit quelque nuage sur les droits ae Neuton à cette découvertes’ils n’étoient pas aussi bien établis. Craige raconte en effet, danssa préface , qu’étant à Cambridge, en i685, il communiqua àNeuton son manuscrit avant que de le livrer à l’impression , etque Neuton se contenta de dire qu’il étoit en possession d’une

(1) Aet. Lips, ann. 1719, pag. 175;