DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. I. i 53
La mort prématurée qui moissonna Côtes en 1716 , l’empêchad’étendre et même de publier ses découvertes, qu’il auroit sansdoute portées lui-même à un plus grand degré de généralité.C’en étoit même peut-être fait d’elles , sans le zèle de M. Smith ,son collègue à l’université de Cambridge. Il prit la peine de lestirer de la confusion de ses papiers , de les étudier et presquedeviner, pour les mettre au jour ; ce qu’il fit en 1722, sous letitre d ’Hannonia mensurarum sive analysis et synthesis perRationnai et Angulorum rnensuras promota. Accedunt aliaopuscula niathematica , &c. ( Cantabr. 1722 , in- 4°. ) Ces diversautres opuscules de Côtes sont , son Estimatio errorum in mixtamathesi, où il examine les rapports des variations qui naissentdans les triangles , tant plans que sphériques , en supposantune variation quelconque dans la grandeur d’un angle ou d’uncôté ; cette estimation est très-importante , soit dans la Géo-métrie-Pratique , soit dans l’Astronomie , pour reconnoître lespositions et les circonstances où de petites erreurs indispen-sables vu l’imperfection des instrumens, influent , le moins oule plus , sur les résultats, afin de choisir autant qu’il est possibleles premières et éviter les dernières. Mais ce n’est pas ici le lieud’entrer sur cela dans de plus grands détails.
Les autres productions posthumes de Côtes sont un traité dela méthode différentielle de Neuton , une Canonotechnie ou mé-thode de construire les tables par les différences ; des traités surla chute des graves , sur les mouvemens des pendules dans lacycloïde et les projectiles. Tous ces morceaux présentent deschoses qui font honneur à la sagacité de leur auteur. Smith ade plus fait usage dans son grand ouvrage sur l’Optique , deplusieurs Théorèmes optiques de Côtes , qui sont fort curieuxet fort généraux.
Comine l ’Harmonia mensurarum de Côtes a toujours été unlivre fort rare , du moins dans le Continent , et que sa théorieétoit même susceptible de plus grands développeinens , le PèreWalrnesley, Bénédictin Anglois, et savant Géomètre, l’a exposéeavec plus d’étendue dans son livre intitulé : Analyse des mesures,des rapports et des angles , ou réduction des Intégrations auxlogarithmes et arcs de cercle. ( Paris , 1748 , in-\°. ) On ne peutmieux faire que d’y recourir au défaut de l’ouvrage original deCôtes, ou même si on le possède.
Peu de temps après la publication de cet ouvrage de Côtes, ilparut à Londres une feuille critique intitulée : Epistola ad ami -cum de Côtesii inventis , où l’on fait voir comment ces décou-vertes se déduiseut de celles de Neuton. Ce petit ouvrage paroîtavoir été dicté par la jalousie. Car à raisonner comme le faitson auteur , les découvertes même de Neuton. se trouveroientTome III. V