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Tome troisième.
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3 9 2 HISTOIRE

mais diverses circonstances en retardèrent la publication jus 3qu’en iyi 5 , qu’il parut enfin à Bâle par les soins de NicolasBernoulli , son neveu (i). Il ne pouvoit que difficilement avoirun éditeur plus capable , car Nicolas Bernoulli avoit publiéen 1711 , dans les Actes de Leipzig, un écrit ingénieux et sa-?vant sous le titre de Specirnina artis conjectandi ad questionesjuris applicatne.

Le livre de Jacques Bernoulli est divisé en quatre parties,dont la première est une sorte de commentaire sur le livrede Ratiociniis in Ludo aleae, d’Huygens. Bernoulli y met dansun nouveau jour les principes de cette théorie par divers exemplessensibles et de nouveaux tours de démonstrations. Dans la se-conde partie il traite fort au long la doctrine des combinaisonset changemens d’ordre, ainsi que diverses autres matières ana-logues. La troisième contient la solution de grand nombre dequestions nouvelles ; l’analyse des problèmes proposés parHuygens , et celle de divers jeux , tant de cartes que de dés.Enfin la quatrième concerne l’usage dont peut être cette théoriedans la vie civile , et qui étoit , comme le dit avec raison M,de Fontanelle , ce que le livre en question avoit de plus sur-prenant. « Cependant , ajoute-t-il , si l’on considère de près« les choses de la vie sur lesquelles on a tous les jours à dé-1» libérer , on verra que la délibération devrait se réduire» comme les paris qu’on fait sqr un jeu , à comparer le nombre» des cas ou un certain événement arrivera , avec celui des« cas où il n’arrivera pas ; par-là on sauroit au juste et on» pourroit exprimer par des nombres de combien le parti qu’on» prendrait serait le meilleur. La difficulté est qu’il nousj> échappe beaucoup de cas où l’événement peut arriver ou ne» pas arriver ; et plus il y a de ces cas inconnus, plus la» connoissance du parti à prendre est incertaine. »

Mais malgré cette difficulté , il y a dans cette partie de l’ou-vrage de Bernoulli bien des réflexions fines et solides sur lamanière d’estimer la probabilité de pareils événemens. Cetteapplication , au reste , qu’il n’avoit qu’ébauchée et comme in-diquée à ceux qui le suivraient, a été depuis plus cultivée parplusieurs géomètres. Il y a même apparence que cette partiede l’ouvrage de Bernoulli étoit celle qu’il avoit le moins avancée,et à laquelle il travailloit au moment où la mort l’enleva ; caril y aurait sans doute examiné beaucoup de questions qui se

(1) Je me suis trompé dans un autreendroit de cer ouvrage , en faisant ceNicolas Bernoulli fils de Jacques. Il étoitfils d’un autre Nicolas , frère des deuxillutres Jacques et Jean Bernoulli, et

membre de la magistrature de Bâle.’Leibnitz lui procura quelques annéesaprès la chaire de professeur de Padoue,où il mourut jeune encore et digne dunom qu’il portoit,

présentent