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Tome troisième.
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4o8 HISTOIRE

et qui ne lui parut pas sujette , ni à une grande affluence d’é-trangers , ni à une grande émigration. Il se procura de cetteville des listes de mortalité de cinq années successives , parlesquelles il reconnut divers faits iimportans sur l’ordre de lamortalité humaine. Tels sont ceux ci : que de îoooenfans nésen même-temps , il n’en parvient à l’age d’un an que 855 $à l’âge cinq , 7.32 ; à celui de dix , 661 ; à celui de vingt ,5^8 ; à celui de trente , 53 i ; à celui de quarante , 445 ; àcelui de cinquante , 356 ; à celui de soixante , 243 ; à celuide soixante-dix, 142; à celui de quatre-vingts, 41 ; à celuide quatre-vingt-quatre, 10. Afin d’abréger, nous n’avons ex-trait cette table que de dix en dix ans ; mais on ne s’écartepas beaucoup de la vérité en remplissant les intervalles par desparties proportionnelles. On trouve par-là que l’âge moyenauquel parviennent les hommes est de trente-quatre ans , caril 11’y en a qu’une moitié qui atteigne cet âge , encore faut-ilque le lieu soit d’une salubrité particulière, car dans les grandesvilles, comme les capitales , cet âge va à peine à vingt-huit ans.Ainsi ceux qui atteignent une plus longue vie ont eu leur partaux dépens de ceux qui ne l’ont pas eu entière , &c. Halleytire de la considération de cette table plusieurs autres consé-quences utiles relativement à l’économie politique , &c.

D’après ces données, il résolut plusieurs problèmes curieuxsur la probabilité de la vie humaine : quelle est , par exemple,pour un homme arrivé à un certain âge , la probabilité de nepas mourir dans le cours d’une année , ou dans le cours deplusieurs années : Deux ou trois personnes d’âges inégauxétant données , quelle est la probabilité qu’il y en aura une ,ou deux , ou trois vivantes après un certain nombre d’années ;quelle est la période après laquelle on peut parier au pair qu'ily en aura quelqu’une de vivante , ou qu’elles seront toutesmortes II calcula enfin , d’après dos règles dont nous parlerons,ce que vaut de capital une rente viagère établie sur la têted’un sujet d’un âge donné , ainsi que sur deux et trois têtes.Son mémoire est inséré dans les Tians. philosophiques pouri 6 i )3 , ou N°. 196.

Moivre s’étoit trop occupé de la théorie des probabilités ,pour ne pas être naturellement conduit par le fil de ses idéesà traiter celle des rentes viagères. Halley ne l’avoit en quelquemanière qu’esquissée ; Moivre la soumit à une nouvelle analyse ,dont il convient de donner une idée.

La première base de ce travail est la détermination d’unordre de mortalité de l’espèce humaine. Moivre employa celuides registres de Bveslau , donné par Halley , et il crut y voir ,çe qui simplifie beaucoup le problème, que cet ordre de mortalité

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