DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Ltv. I. 42 3parmi nous naissance à cette institution. Une compagnie d’agio-teurs s’est emparé du projet, en le dénaturant sous un nou-veau titre spécieux (1), dans un temps où tout projeteur étoitaccueilli , pourvu que , sous prétexte de mettre les intérêts dupublic à couvert, il versât une somme au trésor royal; sic vosnon vobis. Mais Laroque fit voir que ce projet, tel qu’il étoit
{ )résenté par cette compagnie, n’étoit qu’un leurre, et que sie public y donnoit, il seroit impossible qu’elle tînt ses enga-gernens. 11 en est de même d’un autre projet présenté sousle titre de Chambre de cumulation d’intérêts , mais qui a toir»jours resté en pure spéculation. Les évènemens qui ont eu lienbientôt après , ont empêché de voir l’accomplissement de laprédiction.
L’Allemagne, plus sage que la France, a fort accueilli cessortes d’établissemens , car il y en a à Hambourg , à Brême ,à Hanovre , à Copenhague , &c. Cela a donné naissance à ungrand nombre d’écrits allemands sur ce sujet. Le premier dontnous ferons mention , est dû au célèbre Léonard Euler, et estintitulé: Eclaircissetnens sur Les etablissemens publics enfa-veur tant des veuves que des morts , avec la description d'uneespèce de tontine aussi favorable au public qu’utile à l’état ,calculée sous la direction de M. Léonard Euler , par M. Ni-colas Fuss ( Pétersbourg, 1781, /«-8°. et en allemand, 1782 ,Altenbourg, in- 4 0 .). Citer cet ouvrage comme une productiond’Euler, c’est en faire l’éloge; mais j’ignore s’il a produit à Pé-tersbourg ou à Berlin le bien qu’on pouvoit en attendre.
Parmi les écrivains du même pays qui se sont fortement oc-cupés de ce sujet utile , on doit citer Kritter qui se hâta detraduire l’ouvrage ci-dessus de Euler, et duquel on a un grandnombre de mémoires tendans à faire connoître l’état plus oumoins avantageux de ces caisses d’épargnes multipliées , afinde les améliorer et consolider ; car il 11e faut pas disconvenirque plusieurs établies sur des bases très-avantageuses aux ac-tionnaires, ( apparemment pour en attirer un plus grand nombre)ont manqué à leurs engagemens (2).
il y a encore quelques autres espèces de contrats aléatoiresdont il faut donner ici quelqu’idée , comme étant du ressortde la théorie des probabilités; ce sont les assurances maritimes,celles contre les incendies, et enfin celles de la vie d’un homme.Tout le monde sait que dans les places maritimes , au moyend’une prime plus ou moins forte ( c’est û-dire d’une sommepayée d avance à l’assureur), 011 assure une cargaison ou un
(1) Prospectus de l’établissement des Assurances sur la vie . 17S8 , in- 4 0 .(2) Leipziger Magazi* ann. 1786.