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Tome troisième.
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436 HISTOIRE

raisonnement simple et fondé sur l’expérience, qui le contredit;car dans un miroir convexe, par exemple, si les deux yeux sontsitués à l’égard du centre et du point rayonnant, de la mêmemanière , en sorte que les points de réflection des rayons allantaux deux yeux , soient également distans de celui on tombela cathète d’incidence , le point de réunion des deux rayonsréfléchis avec cette cathète , sera le même ; mais si les yeuxsont dans une position différente , par exemple, dans le mêmeplan avec la cathète d'incidence, ces points de concours sontdifférens ; on devroit donc voir l’objet double , ce qui n’estpoint conforme à l’expérience. On pourrait sauver cette objec-tion en disant qu’alors on voit l’objet dans le concours desdeux rayons réfléchis. Mais indépendamment de ce que dèslors on abandonne le principe , voici un cas qui ne permetplus d’échapper à l’objection ; car si les yeux sont dans desplans différens avec la cathète d’incidence , mais de telle ma-nière cjue les points de réflection soient également éloignésde celui où tombe la cathète d’incidence , alors les concoursavec cette ligne seront inégalement éloignés du centre, et lesrayons réflécnis étant dans des plans différens , ne sauroientconcourir , d’où il suit qu’il y auroit nécessairement deuximages apparentes ; cela n’est cependant point vrai. Mais ilfaut en convenir , il y a une grande différence entre la ma-nière de juger de la place des objets avec deux yeux ou avecun seul. Lorsque l’on voit son visage dans un miroir concaveavec ses deux yeux , du moins c’est ce que j’éprouve , on levoit grossi, et en même temps sa distance allongée, on le voitconséquemment plus éloigné ; mais quand on le voit avec unseul œil, sans le voir fort grossi, on l’aperçoit plus distincte-ment et plus près.

Ces raisons ne pouvoient manquer de frapper le célèbreBarrow , lorsqu’il écrivit, ses curieuses Lectiones opticae. Card’abord, à considérer le principe du côté métaphysique , il y ade giandes raisons de le suspecter d’erreur. Par quelle cause effec-tivement la perpendiculaire d’incidence auroit-elle la propriétéde contenir l’image de l’objet ? Ce qui n’a aucune réalité phy-sique , ne peut produire aucun effet, et c’est le cas de cetteperpendiculaire qui n’est qu’un être imaginaire , semblable aucentre de la terre vers lequel, si les corps tendent, ce n’estpas par l’énergie de ce centre , comme le pensoient ridicule-ment quelques anciens, mais parce l’action réunie de toutes lesparties de la terre imprime aux corps une direction moyennequi passe par ce point. Ainsi voilà déjà une grande raison dese défier du principe ; quant aux expériences sur lesquelles ontâche de l’appuyer, M, Barrot les regarde avec raison comme