DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 4^7nullement décisives. Il est en effet bien difficile d’apercevoirsi ces images de lignes perpendiculaires vues , soit par réfec-tion , soit par réfraction , sont bien véritablement des lignesdroites ; et en particulier dans le cas de l’image réfractée, ilprétend que l’expérience étant faite avec l’attention conve-nable , et cette image étant considérée bien attentivement,elle n’est rien moins que favorable au principe ci-dessus. Sil’on plonge , dit-il, perpendiculairement dans l’eau un filetéclatant, dont partie reste au-dessus de la surface, et que l’onregarde un peu obliquement, on verra l’image de la partieplongée dans l’eau , se détacher sensiblement de celle de lapartie extante qui est , suivant les règles de la catoptrique ,dans la perpendiculaire. Ainsi il n’est point vrai que dans laréfraction l’image de l’objet paroisse dans le concours du rayonrompu prolonge et de la perpendiculaire, et il faut en jugerde même dans la réfection, excepté lorsqu’il s’agit des miroirsplans.
M. Barrow chercha doue un autre principe plus solide quele précédent, et il crut l’avoir trouvé. Il prétend que chaquepoint de l’objet paroît dans le concours ou la pointe du fais-ceau des rayons qui entrent dans l’ouverture de la prunelle.Ce sentiment, s’il n’est pas le véritable, est du moins fortvraisemblable. En effet, nous ne jugeons du lieu d’un objetque par la sensation que produit sur notre organe l’inclinai-son plus ou moins grande avec laquelle arrivent les rayons des-tinés à peindre l’image sur la rétine ; car, suivant cette incli-naison , l’œil s’allonge ou s’applatit, pour apercevoir l’objetdistinctement. Quel que soit au reste le mécanisme par lequelcela se fait, la rétine est approchée ou éloignée selon la dis-tance de l’objet. Il paroît donc qu’on doit regarder le sommetde ces pinceaux comme le lieu apparent de chaque point del’objet, et toutes les fois que ces rayons, contraints par unerétraction ou une réfectiou , tomberont sur un œil avec unedivergence particulière , l’œil jugera le point d’où ils partent,au sommet du cône formé par ces rayons prolongés.
Conséquemment à ce principe , M. Barrow recherche dansquel point concourent les rayons infiniment voisins sortis dechaque point d’un objet, et qui après une réfraction ou uneréfection , vont tomber dans 1 œil ; et il trouva que si la sur-face réfringente est une surface plane , et que la réfraction sefasse d’un milieu dense dans un plus rare , ce concours esttoujours, à l’égard de l’œil, en deçà de la perpendiculaired’incidence. Dans un miroir convexe , il en est de même ,c’est à-dire que le concours des rayons infiniment proches esten deçà de cette perpendiculaire, Si le miroir est plan , le con^