4io HISTOIRE
concave, je crois appercevoir tout le contraire de ce quetend M. Smith. Tous les opticiens ont , je pense, regardé jts-qu’ici comme certain que l’image des objets vus dans un miroirconvexe, paroît moins éloignée de sa surface que les objetsmême , et au contraire dans les miroirs concaves : et la cJnseme paroît ainsi, quelqu’effort que je fasse pour me la rep é-senter autrement. Je crois aussi pouvoir démontrer que krs-qu’on voit un objet au travers d’un verre convexe , on le jugeplus éloigné qu’à la vue simple ; car que l’on pose une lent lieconvexe sur un papier écrit, ou tel autre objet que l’on vou-dra , qu’on la retire vers 1 œil en regardant au travers , onverra l’objet s’éloigner d’une manière très-sensible, à mesuraqu’il sera davantage grossi. Que si l’on doute encore qu’unobjet vu au travers d’une lentille convexe paroisse plus éloignéque vu à l’œil nu , voici une autre expérience qui en convain-cra , et qui m’a servi à convaincre quelques personnes qui6’étoient d’abord décidées pour le contraire. Je les invitai àregarder de haut en bas , au travers d’une pareille lentille, labord d’une table , et de tâcher ensuite avec le doigt de le tou-cher. Il n’y en eut aucune qui ne portât le doigt plus basqu’il ne falloit, loin de le porter plus haut, comme elles au-roient dû le faire , si elles eussent jugé l’objet plus proche. Jecrois donc, fondé sur cette expérience qui me paroît décisive,pouvoir prétendre qu’un verre convexe éloigne plutôt qu’il nerapproche l’apparence des objets vus au travers. Je crois enfintrouver dans l’expérience rapportée par le docteur Barrow ,pour prouver la fausseté de l’opinion qui place le lieu appa-rent de l’image dans le concours du rayon rompu, et de laperpendiculaire sur le milieu réfringent ; je crois, dis-je, trouverdans cette expérience une nouvelle difficulté qui renverse le sys-tème de M. Smith. Car , suivant ce système , lorsqu’on voit obli-quement de dehors une eau tranquille , une perpendiculaire à lasurface de cette eau plongée au dedans, chacune de ses partiesparoît d’autant plus diminuée , qu’elle est plus profondémentplacée. Ainsi , si chaque partie devoit paroître d’autant pluséloignée qu’elle est plus diminuée , les parties les plus basses de-vroient paroître au delà de la perpendiculaire , et l’apparencede la ligne entière seroit une courbe placée au delà de cette per-pendiculaire ; cependant, suivant le docteur Barrow, c’est unecourbe qui tombe en deçà, et pour la plupart des vues, c’est laperpendiculaire elle-même. C’est pourquoi le principe imaginépar M. Smith ne me paroît pas satisfaire encore suffisammentaux phénomènes ; à la vérité, l’objection faite contre celui dudocteur Barrorv reste encore presque en entier ; mais malgrécette difficulté, nous croyons, à l’exemple de ce savant, devoir
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