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grandeur déterminée , cet objet nous paroît d’autant plus grand,’que nous le jugeons plus éloigné , et c’est en vertu d’un rai-sonnement tacite assez juste ; car un objet qui , à la distancede cent toises , est peint dans l’œil sous un diamètre d’uneligne , doit être bien plus grand que celui qui est peint sousun pareil diamètre , et qui n’est qu’à vingt toises. Or quand lalune et le soleil sont à l’horizon , une multitude d’objets inter-posés nous donnent l’idée d’une grande distance , au lieu quelorsqu’ils sont près du zénith , nul objet n’étant interposé , ilsparoissent plus voisins. Ils doivent donc , dans la premièresituation , exciter un sentiment de grandeur tout autre quedans la seconde.
Nous ne devons cependant pas dissimuler quelques difficultésque présente cette explication ; les voici : i°. lorsqu’on regarde,la lune horizontale avec un tube , ou en faisant avec ses doigtsune espèce de tuyau un peu rétréci, on la voit extrêmementdiminuée de grandeur, quoique les doigts ne cachent que fortimparfaitement les objets interposés. 2 0 . Souvent on voit lever lalune de derrière une colline très-voisine , et on la voit déiné-Suréinent grosse.
Ces faits qui paraissent renverser l’explication ci-dessus , ceque pourtant je ne pense pas , ont engagé d’autres physiciensà en chercher une autre j voici celle de M. Smith , déjà citédans cet article.
La voûte céleste ne nous présente pas l’apparence d’unedemi-sphère, mais celle d’une surface très-applatie et bien moinsélevée vers le zénith, quoiqu’éloignée à l’horizon. Le soleil etla lune paroissent d’ailleurs sensiblement sous le même angle ,soit à l’horizon, soit près du zénith. Or l’intersection d’un angledéterminé est moindre à une moindre distance du sommet ,qu’à une plus grande. Ainsi la projection du soleil et de la lune ,ou leur image perspective sur la voûte céleste , est moindre àune grande distance de l’horizon que dans son voisinage. Ondoit donc les voir moindres loin de l’horizon , que près dece cercle.
Cette explication du phénomène est fort spécieuse ; mais nepeut-on pas demander encore pourquoi ces deux images, vuessous le même angle , paroissent néanmoins l’une plus grandeque l’autre ? ne sera-t-on pas encore obligé de recourir ici àla première explication ? c’est ce que , pour abréger, je laisseà juger au lecteur.
Il suffit qu’il soit bien démontré que ce grossissement appa-rent n’est point produit par une plus grande image peintedans la rétine. Elle est même , pour la lune , un peu moindre,puisque cet astre étant à l’horizon, est plus près de nous