DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 44;d’environ un demi-diamètre de la terre , ou d’un soixantième ,lorsqu’il est fort élevé sur l’horizon. Ce phénomène enfin n’estqu’une illusion optique, quelle qu’en soit la cause , qui estassez obscure, mais que je crois toujours être le jugement d’unegrande distance, occasionné par les objets interposés.
V.
Parmi les inventions optiques de ce siècle , on doit donnerun des premiers rangs à celle des lunettes achromatiques. Cenom leur a été donné , parce que , au contraire des lunettesordinaires , qui représentent communément les objets commecolorés à leurs bords , ce qui nuit à la distinction , celles-ci lesprésentent sans aucune couleur. Le mot achromatique vientdu mot grec chroma , couleur, et de l’a privatif de la mêmelangue. M. de Lalande nous paroît être le premier auteur decette heureuse dénomination , qui a été adoptée sur-le-champ.
Les objectifs doués de cette propriété sont en conséquencesusceptibles d’admettre des oculaires d’un foyer beaucoup pluscourt , et par cette raison d’augmenter beaucoup plus sous unemême longueur. On a vu d’excellentes lunettes achromatiquesde sept à huit pieds de longueur , faire le même effet que deslunettes ordinaires de quarante à cinquante pieds , ou du té-lescope à réflection de quatre à cinq pieds de foyer. Ajoutonsà cela que ces derniers , quelque perfection qu'ait leur poli ,n’ont point la clarté des lunettes purement dioptriques. Leurusage est extrêmement embarrassant, pour peu qu’ils passentcertaines bornes ; les miroirs se ternissent facilement et se re-polissent difficilement.
La raison qui avoit fait imaginer à Newton son télescope àréflection , est la différente réfrangibilité de la lumière , qu’ilavoit découverte. Car il en résulte qu’une lentille exposée à unobjet , peint derrière elle autant d’images différemment coloréeset à des distances différentes , qu’il y a de différentes couleursdans le spectre coloré de Newton. L’image formée par lesrayons violets et bleus , qui sont les plus réfrangibles, est lamoins éloignée ; celle qui l’est le plus, est celle que peignentles rayons rouges , et la différence de ces distances est d’environune cinquante-cinquième partie de celle du foyer. Enfin, il estaisé de sentir que l’image de chacun des points de l’objet, aulieu d’être un point comme elle devroit l’être pour une distinc-tion parfaite, est un petit cercle différemment coloré du centreà la circonférence , et que de là résulte une confusion dansl’image , qui ne permet pas d’y appliquer un oculaire d’un aussi