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Tome troisième.
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45o HISTOIRE

colorés , supposition que M. Dollontl , trouva défectueuse ;et qui occasionna entr'eux une contestation assez longue. M.Euler , en ef fet , obligé de déterminer le rapport de réfractiondes rayons les plus ou les moins réfrangibles , à l’égard desrayons de réfrangibilité moyenne , trouvoit par un procédé pa-rement analytique , que si m et n expriment les rapports deréfraction des rayons moyens en passant de l’air dans le verre,et de l’air dans l eau , et qu’on appelle M et N ceux des rayonsles moins réfrangibles, les rouges, par exemple, en passantdans les mêmes milieux, on aura logarithme m à logarithme n,comme logarithme M à logarithme N ; ce qui fait que connois-sant rn et n , ainsi que M , on aura N , qui exprime le sinusdes rayons les plus réfrangibles en passant de l’air dans l’eau.C’est cette supposition qui lui fut contestée par M. Dollond ;et en effet , dans tout le raisonnement de M. Euler sur cesujet, on ne voit qu’un raisonnement analytique. Mais commentun raisonnement analytique pourroit il servir à déterminer uneloi physique ? Il est vrai que M. Euler fait voir que celle qu'ilinet en avant , satisfait à divers phénomènes connus de la ré*fraction ; mais ne peut*il pas y avoir quelqu’autre expressionplus ou moins simple qui y satisfasse également ? C’est doncl’expérience seule qui peut et qui doit décider. M. Clairaut adans la suite ( Mémoires de Vacadémie , année 17.56) fait aussisur cette loi des observations qui démontrent qu’on ne sauroitl’admettre , et auxquelles M. Euler lui-même s’est rendu.

M. Dollond de son côté prenoit aussi un principe qu’il fautfaire connoître ici, et qui lui paroissoit établi par des expé-riences de Newton. Ce grand homme dit dans son Optique ,livre I, part. II, prop. 3 , avoir observé avec des prismes deverre pleins d’eau , que si un faisceau de lumière, après avoirtraversé deux milieux réfringens , rentre dans l’air, le faisceauémergent étant parallèle à l’incident, il n’y a jamais que dela lumière blanche ; mais que si le faisceau émergent est in-cliné à l’incident , alors il est toujours coloré. De là M. Dollondconcluoit avec Newton , que si l’on noinmoit M le rapportde réfraction pour les rayons rouges passant de l’air dans lepremier milieu xéfringent , m celui des rayons violets dans lemême passage , N le rapport de réfraction des rayons rougespassant du premier milieu dans le second , et n celui des rayonsviolets, la raison de m — M à n —N étoit une raison cons-tante, ainsi que celle de m —1 à n — i. Cette propositionau reste n’est , comme on le verra par la suite , pas plus cellede la nature que celle de M. Euler ; mais revenons au principede ce dernier.

M. Dollond ayant eu connoissance du mémoire de M. Euler,