DES MATHEMATIQUES. Paut. V. Liv. ILlui contesta donc ce principe et lui adressa un petit écrit surce sujet avant de l'insérer dans les Transactions philosophiques.La principale raison qu’il alléguoit pour le combattre , étoitqu’il contredisoit le sien , qui étoit fondé sur les expériencesde Newton ; et en effet ils ne peuvent subsister l’un et l’autreensemble. Mais cette raison de M. Dollond ne devoit pas con-vaincre son adversaire , qui répondit à son écrit en faisantvoir que la loi qu’il adoptoit étoit elle-même contraire à l’ex-périence , qu’elle renfermoit une contradiction ; et que si elleétoit admise , il falloit renoncer à tout espoir de corriger jamaisl’effet de l’aberration de réfrangibilité. Ces deux écrits sont in-sérés dans les 'Transactions philosophiques de l’année iy 5 i.On lit aussi dans les Mémoires de Berlin de 1 / 53 , une ré-ponse plus développée de M. Euler à M. Dollond , où le pre-mier établit, par un calcul qui paroît sans réplique, qu’enemployant ce principe pour corriger l’effet de la différenteréfrangibilité , au moyen de quatre surfaces réfringentes , lefoyer est porté à une distance infinie. M. Dollond néanmoinsne se rendit pas , et insista toujours sur ce que la loi prétenduepar son adversaire étoit purement hypothétique et ne devoitpoint l’emporter sur une autre , déduite de l’expérience. D’unautre côté, M. Euler travailla à établir sur de nouvelles raisonsson principe, ce qu’il fait dans les Mémoires de Berlin de 1754,d’après l’hypothèse que la lumière consiste dans les vibrationsimprimées à un fluide élastique par des corps lumineux , etque la plus ou moins grande fréquence de ces vibrations dansun temps donné , est ce qui constitue la différence des cou-leurs , hypothèse dont, sans contester les vérités d’expérienceétablies par Newton , il ne s’est jamais départi. Là il n’hésitepoint de donner la loi en question comme la seule compatibleavec la vérité et la nature. Quant aux expériences alléguéespar M. Dollond , il observoit et faisoit voir par le calcul , quela différence qui résultoit des deux lois étoit trop peu consi-dérable , pour que l’expérience seule pût décider entr’elles ; iln’y a en effet dans le cas qu’il développe , qu’un 1200 e dedifférence entre les résultats de l’une et de l’autre hypothèse.
Il étoit réservé à M. Klingenstierna , célèbre astronome etgéomètre suédois , de forcer M. Dollond dans son dernierretranchement. Dans un mémoire qu’il envoya à l’académieroyale des sciences, dont il étoit associé étranger , et qui avoitpour objet les lois de la dispersion , il faisoit voir , par unraisonnement purement géométrique , que celle adoptée parM. Dollond , d’après l’expérience de Newton rapportée ci-dessus,ne pouvoit s’accorder avec les lois générales de la réfractionuniversellement admises et au-dessus de toute exception. Un
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