Band 
Tome troisième.
Seite
452
JPEG-Download
 

462 HISTOIRE

précis de ce mémoire ayant été envoyé à M. Dollond , leconvainquit enfin que son principe n’étoit pas exact, et qu’étantnéanmoins légitimement déduit d’une expérience de Newton ,il étoit nécessaire d’y revenir pour l’examiner scrupuleusement,et qu’il falloit enfin faire de nouvelles expériences pour par-venir à trouver le véritable. Cela obligea l’artiste opticien an-glois à tenter ces expériences, qui non-seulement confirmèrentle sentiment du géomètre suédois, mais conduisirent M. Dollondà la découverte qui sert aujourd’hui de base à la constructiondes lunettes achromatiques , ce dont il rend compte dans lesTransactions philosophiques de 1758.

M. Dollond trouva en effet, ce à quoi l’on ne s’attendoitnullement, deux espèces de verres douées, quant à la dispersiondes rayons hétérogènes , de qualités fort différentes. Car quoi-qu’elles agissent à peu près aussi fortement l’une que l’autresur le faisceau entier de lumière, leur effet sur chaque couleurest néanmoins si différent, que la dispersion de ces couleursn’est dans l’un que les deux tiers de ce qu’elle est dans l’autre.L’une de ces matières est le crovm-glass , ou le verre commund’Angleterre , qui ne diffère guère de celui de France ; l’autreest le flint-glass , espèce de cristal beaucoup plus transparentet plus lourd que le verre ordinaire.

Le verre commun ci-dessus produisant sur un rayon simpleune réfraction qui est comme 1 , le flint-glass en produit unecomme i.oi 5 , tandis que la dispersion produite par le premierest à celle du second comme 2 à 3 ; et de là résulte d’abordune conséquence remarquable, savoir que puisqu’il est possiblequ’un faisceau de lumière en traversant deux milieux rétringen*pour rentrer dans le même milieu , éprouve sans se colorerune inclinaison à sa direction primitive, il est possible de formeravec ces deux matières réfringentes une lentille qui peindra uneimage non colorée. Une autre conséquence résultant de cettedécouverte est que la loi prétendue par M. Euler n’est pas plusla loi de la nature que celle qu’alléguoit M. Dollond. Nous re-marquerons seulement avec M. Clairaut , dans les Mémoiresde l’académie pour 1 jSj (1) , que l’artiste anglois auroit purendre plus de justice au géomètre allemand, en reconnoissantqu’on lui devoit l’ingénieuse idée d’avoir tenté le premier decorriger l’aberration de réfrangibilité par l'emploi de différentesmatières réfringentes. C’est en effet à cette idée , ainsi qu’à lacontestation qui en fut la suite , qu’est due la découverte mé-morable dont nous parlons. Il faut néanmoins convenir quele dernier et le principal trait de lumière qui amena cette dé-

10 Lige 525 de l’édition in-4 0 .