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Tome troisième.
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H I S T O I R E

qui peignoit à son foyer une image fort distincte et nullementcolorée. Telle fut la construction des premières lunettes achro-matiques de M. Dollond.

Mais il passa bientôt après à une composition meilleure quecelle-là. 11 accoupla trois prismes d’angles différens , dont lesdeux extérieurs, A et C ( Jîg . 4) étoiemt de crown-glass etformoient, le premier un angle de 25 ° 53', et le second unde i 4 ° 27 ' , tandis que celui du milieu étoit de j'liât glas s etavoit son angle de 27 0 3'. De là résultoit , comme on levoit dans la ligure 4 > u n prisme tronqué , qui , joint à sonsemblable , formé des prismes a , b , c , compose une espècede lentille , à travers laquelle on voyoit les objets absolumentprivés de couleur. Ceci fait voir qu’on peut former un objectifcomposé de deux lentilles convexes , entre lesquelles seroit in-terposée une concave des deux côtés. Cette disposition est plusavantageuse que la première , parce qu’elle présente un plusgrand nombre de rayons de sphéricité qui peuvent , par leurindétermination, servir à remplir un plus grand nombre d’objets,dont un principal est celui de corriger en même-temps l’aber-ration de sphéricité.

11 résultoit en effet de la découverte de M. Dollond , quesi l’on pouvoit construire des objectifs achromatiques , d’unautre côté ces objectifs avoient le défaut de ne pouvoir soutenirune ouverture convenable , sans éprouver une grande aberra-tion de sphéricité. Cela vient de ce qu’en général les rayonsde sphéricité à donner aux lentilles objectives , sont plus courtsrelativement à la distance du foyer , qu’ils ne le sont pour lamême distance dans les lunettes ordinaires. Or on sait que plusune surface est portion d’une moindre sphère , moins il fauten découvrir pour 11 e pas donner lieu à une aberration desphéricité trop sensible. M. Dollond fut au commencement fortembarrassé de cet inconvénient imprévu. Il y trouva néanmoins,à force de méditations et d’essais, un remède, sinon complet,du moins palliatif.

On conçoit aisément que ce nouveau champ ne fut pas plutôtouvert , que les géomètres d’un ordre supérieur s’empressèrentcomme à l’envi , de s’y jeter. Il offroit en effet les plus bellesespérances d’une moisson de vérités utiles à la perfection del’optique, et par suite , de l’astronomie et de la physique.Aussi voit - on que MM. Clairaut , Euler , Klingenstierna ,d'Aleinbert, et divers autres , s’occupèrent à donner à la dé-couverte de Dollond l’extension dont elle étoit susceptible.

En effet , on ne doit pas être étonné que ce sujet présentâtencore matière aux plus profondes considérations des géomètres ;car l’artiste anglois n’étoit parvenu que par des combinaisons