458 HISTOIRE
que le ménisque est un verre convexe d’un côté et concavede l’autre, mais dont la concavité fait partie d’une sphère plusgrande que sa convexité.
Comme les télescopes catoptriques n’ont que la seule aberrationde sphéricité , M. d’Alembert examina quelle seroit cette aberra-tion dans un télescope , qui feroit le même effet que la lunette àlaquelle on appliqneroit l’objectif qu’il venoit de proposer. Ilrésulta de cet examen, que cette aberration ne sera jamais plusgrande que celle du télescope , qui n’y cause cependant aucuninconvénient.
M. d'Alembert fit la même comparaison de l’aberration desphéricité de son objectif achromatique avec celle d’un objectifbi-convexe. On sait que l’aberration de sphéricité de ces verresest très-petite , & ne nuit presque point à leur effet ; un objectifachromatique sera donc excellent, si son aberration de sphéricitén’est pas plus grande ou est plus petite que celle d’une lentillebi-convexe isoscèle : cet objectif sera donc encore très-bon ,pourvu que quelques: uns des rayons de ses convexités ne soientpas trop grands ou trop petits.
Les trois constructions d’objectifs achromatiques, composésde trois verres , dont nous venons de parler, ne sont pas lesseules possibles. M. d’Alembert en examina plusieurs autres, etdonna les limites dans lesquelles peuvent être comprises toutesces constructions, discutant et faisant voir les avantages plus oumoins grands de chacune.
La construction d’objectifs achromatiques qu’il avoit proposée,Suppose toujours ces verres composés de trois pièces différentes jon en a fait cependant plusieurs de deux lentilles jointes en-semble. Le plus de simplicité de ces derniers verres rnériteroitsans doute qu’on leur donnât la préférence s’ils étoient aussibons que les autres j M. d’Alembert n’a pas négligé cette com-paraison ; il en résulte que quelque perfection que l’on puissedonner à ces derniers objectifs, ils ne seront jamais aussi bonsque ceux qui sont composés de trois pièces, et que les plus petiteserreurs que l’on pourra commettre dans les dimensions et lesproportions de leur courbure , altéreront beaucoup plus leureffet.
La même chose n’arrive pas à l’objectif composé de troispièces ; M. d’Alembert s’en assura en altérant exprès les rayonsde ces courbures ; l’erreur y resta toujours renfermée dans desbornes bien plus étroites que ne le sont celles des erreurs quepeuvent subir par cette même voie les objectifs à deux lentilles.
I^a destruction des couleurs , par le moyen des objectifs com-posés de plusieurs lentilles de différentes matières, exige une