DES MATHÉMATIQUES. Parti. V. Liv. II. / f 6iFaut, au contraire, que cette aberration soit nulle pour les objetsplacés dans l’axe, et la plus petite possible pour ceux qui s’enécartent.
Le calcul de M. d’Alembcrt lui a fait voir que des oculairesordinaires seroient de cette part les plus parfaits qu’il est possibled’en construire , si le rayon de la surface tournée vers l’objetétoit égal à neuf fois la longueur du foyer de l’oculaire, et celuide la surface tournée vers l’œil, les trois cinquièmes de cettemême distance.
Cette même observation a lieu pour les objectifs simples ; lerapport des rayons de leurs deux surfaces n’est pas d’un à six ,comme on l’avoit cru; la surface tournée vers l’objet doit, selonM. d’Alembert, avoir pour rayon les cinq neuvièmes de la lon-gueur du foyer qu’aura le verre, et celle qui est tournée vers l’œildoit avoir pour rayon cinq fois cette même distance. M. d’Alem-bert croit qu’avec des objectifs de cette sorte , auxquels on adap-teroit des oculaires concaves, laits de la matière trouvée parM. Zeiher, on parviendroit à faire des lunettes de poche oud ’opera , qui grossiroient environ trois fois l’objet, n’auroientque très-peu ou point de couleurs, porteroient une très-grandeouverture, et donneroient par conséquent à l’objet beaucoup donetteté : revenons aux lunettes achromatiques.
Nous venons de parler d’un seul oculaire appliqué à ces lunet-tes ; la théorie de M. d’Alembert l’a conduit à y adapter des ocu-laires composés de deux lentilles, et lui a donné en même tempsla proportion des rayons de leurs surfaces, telle que ce doubleoculaire n’ait aucune aberration de sphéricité, et qu’il détruiseencore presque entièrement ce qui resteroit de l’aberration deréfrangibilité : une lunette construite avec un objectif à trois len-tilles, et un oculaire de cette espèce , seroit, selon M. d’Alembert,très-supérieure aux télescopes de réflexion de même longueur.
Les erreurs, dont venons de parler, ne sont pas les seules quel’on puisse commettre, tant en mesurant le rapport de réfractiondes matières réfringentes , qu’en construisant les lentilles confor-mément à la théorie ; mais ces erreur? sont souvent insensibles ,& toujours assez petites pour que l’on puisse aisément y remédier,le moyen le plus sûr , selon M. d’Alembert, est de multiplier lenombre des lentilles qui composent les objectifs achromatiques ,et de ne pas donner précisément le même rayon à celles des sur-faces des lentilles qui se doivent toucher ; on se ménage par-là ,dans la solution du problème, un plus grand nombre d’indéter-minées qu’on peut faire varier, et on se trouvera plus à portéede donner à ces différentes surfaces la courbure la plus propreà anéantir l’effet des différentes erreurs. On verra facilementcombien, par cette méthode,on peut se ménagerde combinaisons