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Tome troisième.
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46 ?. HISTOIRE

différentes et avantageuses ; deux lentilles ne se peuvent arrangerque de deux façons , trois ont six combinaisons, quatre en ontdouze, cinq en ont vingt, &c. Il est vrai qu’il faudra du calculpour déterminer toutes ces combinaisons ; mais on en sera biendédommagé par le degré de perfection qui en résultera : on nedoit pas même craindre la perte de rayons que cette multiplicationde verres sembleroit devoir occasionner ; l’expérience fait voircombien peu elle diminue la vivacité des images.

Un pas que d’Alembert regardoit encore comme très-essentielà la perfection des lunettes, est le rapport des ouvertures avecles oculaires; il avoit déjà démontré dans ses opuscules, combienla théorie donnée jusqu’ici par les opticiens pour déterminer cerapport, étoit fautive et imparfaite , et il lui avoit substitué desformules plus exactes ; en employant donc tous ces moyens , ilest presque hors de doute qu’on pourra porter les lunettes achro-matiques à un point auquel on n’auroit peut-être jamais osé seflatter de parvenir.

Il n’est pas inutile d’ajouter ici que cette conclusion paroîtdirectement opposée à celle d’Euler, qui doutoit que l’on putporter ces lunettes à un grand degré de perfection. La raisonqu’en apportoit ce grand géomètre , est que le crown-glass étantverdâtre, et ne laissant par conséquent passer sensiblement queles rayons de cette couleur, il n’est pas étonnant qu’il écartemoins les rayons colorés que le cristal d’Angleterre , sans quepour cela sa réfrangibilité soit moindre, et qu’ainsi le rapportde diffusion que l’on trouve entre le crown-g/ass et le cristald’Angleterre ou fLint-glass , n’est pas exact : mais il est facile derépondre à cette objection de deux manières ; premièrement,par l’expérience qui a fait voir que les objectifs achromatiques ,construits d’après la théorie fondée sur ce rapport, se sonttrouvés très-bons, et peuvent, comme nous venons de le fairevoir, devenir encore meilleurs; en second lieu, on peut subs-tituer au crown-glass notre verre blanc , qui, avec la mêmeréfrangibilité que ce dernier, n’a presque aucune couleur. Rienn’empêche donc d’espérer,que les lunettes achromatiques serontportées à leur perfection , et c’est à quoi contribueront encoreles observations suivantes.

De ce qu’une lentille sphérique ne réunit pas en un seul pointgéométrique tous les rayons qui tombent sur une de ses surfacesparallèlement à son axe, il résulte ce que l’on nomme aberrationde sphéricité, et cette aberration produit nécessairement deuxeffets; premièrement, quelques-uns des rayons qui se rompentle moins, vont se réunir sur l’axe au-delà du point oh se forme1 image la plus vive , et le foyer qui devoit n’être qu’un point ,devient une ligne, et c’est ce que l'on nomme Xaberration en