DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 464
matière. Il en résulte que les objectifs achromatiques doiventêtre préférés aux autres } qu’ils seront excellons s'ils sont cons-truits dans les dimensions prescrites par le mémoire de 1764 ;que si l’on veut que les lentilles ne se touchent pas, on pourra seservir des formules données en 176.5 ; que si l’on veut rendre lestrois lentilles bi convexes et bi-concaves isoscèles, constructionbien plus commode dans la pratique, on ne pourra pas anéantirles deux aberrations, parce qu’il n’y aura que trois inconnues ;mais que l’on pourra choisir la disposition des lentilles la plusavantageuse pour détruire celle des deux aberrations que l’onjugera la plus incommode, ce qui sera toujours facile à déter-miner par les formules que donne d’Alembert; que l’on pourraadapter à l’objectif deux oculaires qui, pris ensemble, détruirontl’aberration de sphéricité, et même, étant bien choisis, le peud’aberration de réfrangibilité qui reste aux rayons après leurpassage par l’objectif ; que l’on peut même approcher de ceteffet avec un seul oculaire , en le construisant dans les dimensionsindiquées en 1766 5 que d’après les formules du même mémoire ,on peut construire de très-bonnes lunettes de poche avec unobjectif et un oculaire simples de différentes matières ; et qu’enfinon peut calculer un grand nombre de tables qui seront extrême-ment utiles, parce qu'en abrégeant le calcul, elles faciliteront les re-cherches nécessaires pour cet objet, si intéressant dans l’astrono-mie et la navigation , qui en peuvent tirer d’immenses avantages.
Des expériences de M. le duc de Chaulnes, pour détermineravec précision les élémens qui doivent servir de base au calculdes lunettes achromatiques , se trouvent aussi dans les mémoiresde l’académie des sciences pour 1767, et doivent être étudiéespar ceux qui voudront approfondir cette matière si importante.
Euler l’a traitée, après d’Alembert, dans les mémoires de l’aca-démie de Pétersbourg, pour 1766 et 1767 , qui ne furent imprimésqu’en 1768 j il y inséra la recherche de la véritable loi de réfraction,pour les rayons de diverses couleurs, et en 1769 , ce mémoiredevint entre ses mains un ouvrage complet, qui forme le premiervolume de sa dioptrique.Deux autres volumes qui parurent les deuxannées suivantes , traitent l’un des télescopes et l’autre des mi-croscopes ; cet excellent ouvrage n’est pas un de ceux qui font lemoins d’honneur à l’auteur.
Au reste, ce seroit presqu’en vain que les géomètres s’exerce-roient à chercher les courbures les plus propres à corriger lesaberrations de réfrangibilité. Comme il est rare de trouver plu-sieurs morceaux de verre d’une densité parfaitement égale ,quoique de la même espèce , on ne peut pas toujours em-ployer les courbures indiquées par les calculs : on est obligé de lesvarier. C’est pourquoi les artistes sont contraints de tâtonner 2