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Tome troisième.
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472 HISTOIRE

de rayon ; la concavité a huit lignes : ce petit oculaire est placéà neuf lignes du premier, ou à la moitié seulement de la distancede son foyer. Le premier oculaire a neuf lignes d’ouverture , lesecond en a deux ; mais le premier contribue surtout à l’étenduedu champ de la lunette , et le second à sa force amplificative.

M. l’abbé Bouriot a exécuté des lunettes achromatiques avecbeaucoup d’intelligence et d’adresse , une entr’autres qui a sixpieds trois pouces de foyer, et peut grossir jusqu’à cent vingtfois ; le flint-glass, qui est en dehors, a une surface convexe ducôté de l’objet, et une concave du côté des oculaires; les surfacesextérieures ont cinq pieds trois pouces de rayon ; les surfacesintérieures quatorze pouces; l’ouverture est de vingt huit lignes.Il emploie deux oculaires, le plus grand a dix-huit lignes de foyer,le plus petit six lignes, et celui-ci est placé aux deux tiers dufoyer du grand oculaire, ou à douze lignes de distance ; ils sonttous les deux plans convexes : la surface plane est tournée ducôté de l’œil ; le premier oculaire a dix lignes d’ouverture ; lesecond , cinq lignes ; et l’œilleton, ou l’ouverture à laquelle onapplique l’œil, a trois lignes de diamètre.

M. de l’Jbtang, autre amateur, en a fait aussi d’excellentes ;plusieurs sont remarquables par leurs ouvertures , leur distinc-tion et leur grossissement. L’une de ces lunettes appartenoit àM. Bochard de Saron, de l’académie des sciences, et victime,comme tant d’autres, de la tyrannie monstrueuse de Robespierre.

L’art a été continué parmi nous , sous la direction de M. deRochon , par l’habile opticien Carrochez , ingénieur, pour lafabrication des instruinens de mathématique, et attaché au ca-binet de physique et d’optique, ci-devant établi par Louis XV àla Muette.

Je sais qu’il est encore en Allemagne d’excellens artistes ence genre, parmi lesquels on doit ranger M. Brander d’Augsbourg.

Tel est l’état auquel est parvenue cette partie de l’optiquejusqu’à ce moment à peu-près. Mais un grand obstacle s’estopposé depuis quelques années à l’exécution des lunettes achro-matiques : c’est la disette du verre appelé flint-glass par les An-glois. On ne peut plus s’en procurer qu’avec une peine extrême.Il existe à la vérité en Angleterre des verreries où l’on fait desouvrages de ce cristal ; mais la fabrication des plaques de flint-glass , propres aux usages des opticiens, exige des soins parti-culiers et des manipulations coûteuses ; une seule manufactureappartenante à un homme au-dessus d’un intérêt sordide , lesfournbsoit. Cette manufacture étant passée en d’autres mains ,on n’y en fabrique plus, ou ce qui s’en fabrique, ainsi que dansles autres manufactures, est si vicieux, que sur plusieurs piedscarrés de plaques de flint-glass, à peine trouye-t-on quelques

pouces