486 HISTOIRE
Le cit. Rochon dans ses Opuscules de 1768, proposoit de*objectifs à cinq verres , et il en donnoit les formules, fi observeen commençant qu’on ne composa d’abord les objectifs acro-xnatiques que de deux lentilles, l’une de flint-glass et l’autrede crown glass ; mais les lortes courbures que donne l'analysedu problème de ia d- struction des aberrations, empêchent qu’onne donne à ces objetiis l’ouverture dont ils paroissoient sus-ceptibles. Cependant celte construction suffit pour les lunettesdestinées à voir les objets terrestres. Quand aux lunettes dontles astronomes se servent, on doit préférer les objectifs com-posés de trois lentilles dont les deux extérieures sont de crown-glass , et l intérieure de flint-glass.
Dans un objectif à deux verres, le foyer de la lentille decrown- glass a fait naître l’idée de lui substituer deux lentilleséquivalentes. Tel est le raisonnement qui a dû conduire à laconstruction des objectifs à trois verres, ayant six surfaces: ilssont susceptibles de beaucoup de combinaisons, cependant ilseroit à desirér qu’il y eût égalité, autant qu’il est possibleentre les courbures des lentilles, et cela n’a pas tout à faitlieu dans les objectifs à trois verres, la lentille de flint-glassétant plus concave que les lentilles de crown - glass, ne sontconvexes. On peut éviter cet inconvénient, en substituant auflint-glass un strass assez chargé de plomb pour causer unedispersion dans les couleurs qui soit à celle produite par leverre commun dans le rapport de 2 à 1 , mais outre que jusqu’àprésent on s’est inutilement efforcé en France de faire du strasssans filandres et sans larmes, ce verre contracte, en se char-geant de plomb, des défauts qui limitent la dose qu’on peut faireentrer dans sa composition; car il devient très-tendre, ce quile rend d’un travail difficile ; il attire l’humidité de l’air , et seternit avec une extrême facilité : il est fort sujet à être gélati-neux. Enfin, si on cherche par le moyen de prismes adossés àdétruire les iris, quand les couleurs extrêmes disparoissent, onvoit renaître sensiblement les couleurs moyennes, ensorte quepour résoudre en ce cas le problème de la destruction de l’a-berration de réfrangibilité, il faudroit employer jusqu’aux dif-férences secondes.
Le cit. Rochon , surpris du peu de lumière que l’addition d’untroisième verre fait perdre, et de la grande ouverture que cesobjectifs peuvent porter, a pensé qu’il y auroit un très-grandavantage à les construire à cinq verres, dont le premier, letroisième et le cinquième seroient de crown - glass, le secondetle quatrième de flint-glass : dans cette construction d’objectifs ,l’aberration est beaucoup moindre que dans les objectifs à troisverres, et d’ailleurs les lentilles de flint- glass 11e sont pas plus