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ce terme, on perd en distinction plus qu’on ne gagne en agran-dissement. C’est delà qu’on est parti, mais si l’on reste quelquetemps l’œil à la lunette, qu’on quitte un moment, qu’on y re-vienne encore quelque temps , en réitérant plusieurs lois cettealternative, on est étonné de voir que l’obscurité et la confu-sion se dissipent, comme se dissiperoit un brouillard, on changesuccessiveinentd’oculaire à mesure que l’œil devient capable d’ensupporter de plus forts , et l’on arrive à voir bien distinctementavec un grossissement de 3 ooo , tandis que celui de doo paroissoitexcéder les facultés de l’œil. Par ce moyen Herschel a vû dansle ciel des choses qui, auparavant n’étoient pas môme soup-çonnées, des étoiles doubles, triples, quadruples, sextuples,Herschel en a donné 2000 , dans les Transactionsphilosophiques.l,e micromètre qu’il a imaginé pour mesurer la distance desétoiles qui forment ces petits grouppes, est aussi ingénieux qu’ilsoit possible; et il en a tiré grande parti.
Il a aussi rendu ses instruinens si commodes pour l’obser-vation , que sans aucun aide, il transporte un télescope de 10pieds , et le pointe aussi promptement que l’on transporte , etpointe une lunette de deux ou trois pieds. Il avoit une si pro-digieuse ardeur pour l’observation que, pendant plusieurs années,il n’étoit jamais au lit pendant la nuit, tant qu’on voyoit desétoiles. L’hiver comme l’été, il passoit tout ce temps en pleinair à la campagne , au milieu d’un jardin , trouvant que touteautre position est un obstacle à employer de grands pouvoirsdans les télescopes, à cause du manque d’équilibre dans lesvapeurs et d’uniformité dans la densité de l’air : en plein airmôtne il n’observe jamais mieux que lorsqu’il n’a personne autourde lui. Aussi dans une belle nuit, seul avec son télescope en rasecampagne , il trouvoit ses plus belles jouissances, et sa santé quiest très-bonne, lui permet un genre de vie aussi pénible. 11étoit seulement à desirer qu’il eut la faculté de se livrer toutentier à son génie et à son goût : les astronomes d’Angleterre,et spécialement M. Aubert , s’empressèrent de le faire connoître.Le roi qui se plaît à encourager les gens de mérite, et quiaime l’astronomie et l’optique, prit plaisir à entendre Herschelparler de ses recherches; il lui assura, dès 1782, une pensionde trois cents louis, et le plaça à Datchet, ensuite à Slough , vil-lages voisins du château de Windsor , que le roi aime de pré-férence. C’est de ce village solitaire , et du milieu d’un boulingrinrenfermé que l’univers apprit ce qu’il y avoit à connoître deplus singulier dans le ciel et de plus difficile peut-être à apperce-voir. Quelques personnes pensoient que le roi auroit pu le placerdans son observatoire de Richmond, où il y avoit déjà de très-beaux instruinens. Mais Herschel aime mieux voyager dans les
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