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HISTOIRE
XII.
rhotométrie ou Mesure de lumière ; différentes chaleurs des
rayons.
On n’avoit considéré la lumière que relativement à sa di-rection et à sa faculté d’exciter dans nos organes la perceptiondes objets. On n’avoit fait jusqu’à ces derniers temps aucunetentative pour calculer son intensité, dont le degré plus ou moinsgrand est cependant la source et la cause de plusieurs phéno-mènes physiques. Les recherches qu’on a faites sur ce_sujet depuisle commencement du 18 e siècle ont donné naissance à une nou-velle partie de l’optique, à laquelle nous donnerons avec Lambertle nom de photométrie, et qui n’est pas une des moins intéres-santes. Nous allons en développer les principes, avec les faits lesplus curieux qui en découlent.
Le premier qui ait eu l'idée de mesurer la lumière est un Ca-pucin , le P. François Marie, qui publia en 1700 un petit écritintitulé : Nouvelle découverte sur la lumière , pour en mesureret compter les degrés , ( Paris, 8°. ). Ce bon religieux qui neparle, au surplus, qu’avec une extrême modestie de ses idées,propose dans cet ouvrage , qu’il appelle Lucimètre , deux moyensde mesurer la lumière, l’une par l’interposition d’un nombre deverres plans et transparens , propres à intercepter enfin toute lalumière ; l’autre , par le moyen d’une quantité d’eau propre àproduire le même effet ; ou même au moyen de réflexions répétéessur des surfaces polies , en assez grand nombre pour affoiblir lalumière par des gradations connues. Mais le P. François Mariese trompe dans le calcul qu’il établit sur ce moyen ; car il sup-pose que ce décroissement de lumière est proportionnel au nombredes plans transparens interposés , ou à l’épaisseur de la massed’eau traversée par la lumière, ou au nombre des plans réflé-chissans qui l’éteignent , mais ce décroissement suit une autreloi ; car en supposant, par exemple , qu’un verre plan rl’uneépaisseur déterminée absorbe ou réfléchisse -fj de la lumière quiy tombe , le second verre capable du même effet, n’éteindra que■f; de celle qui lui arrivera , ou des de la lumière primitive ,en tout ^ et non ~ : il en est de même d’une seconde lame ouépaisseur d’eau à l’égard de la première , ou d’une seconde ré-flexion, eu égard à celle qui la précède. Ainsi l’afloiblissementde la lumière n’est pas directement proportionnel aux lames in-terposées ou au nombre des réflexions , ou à l’épaisseur du fluidequi absorbe la lumière.