DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. II. 53ç>Cette méprise dans le raisonnement du P. Marie , n’échappa pasà Bouguer qui, vers l’an 1729, entreprit de soumettre cette ma-tière au calcul. Plus géomètre que le religieux , il vit que la lignequi mesuroit l’affoiblissement de la lumière n’étoit pas une lignedroite , mais une logarithmique , et il établit sur cela de nouveauxcalculs qui donnèrent lieu au petit ouvrage qu’il publia en 1729sous le titre d’ Essai d’optique sur La gradation de la lumière ,( in- 12 ) , ouvrage rempli d’une géométrie savante, et qui pré-sente un grand nombre de conséquences et de vérités intéres-santes sur cette matière. Mais cet ouvrage n’est pour ainsidire que le germe d’un beaucoup plus considérable , publiéaprès la mort de Bouguer, d’après ses manuscrits et par les soinsde la Caille. Bouguer, en effet, dans les intervalles qûe lui lais-sèrent des occupations multipliées , tant pour la perfection de lamarine, que pour la mesure de la terre exécutée au Pérou, necessa de travailler sur le même objet, et de ses méditations etexpériences ultérieures , est né un ouvrage considérable qu’il seproposoit de publier dans les dernières années de sa vie. Maisfrappé de la maladie à laquelle il succomba en 1708 , il n’eutpas le temps de le mettre au jour. Heureusement ses manuscrits,à quelques lacunes près , étoient absolument en ordre , ensorteque la Caille , auquel il en avoit recommandé l’édition , putremplir ses vues ; ce qu’il lit en 1760. Cet ouvrage intitulé :Traité d’Optique sur La gradation de la lumière , in-4 0 . , n’estpas un de ceux qui font le moins d’honneur à ce grand géomètreet physicien.
Nous remarquons d’abord avec Bouguer, qu’il seroit absurdede chercher à déterminer l’intensité absolue d’une lumière j il ne
Î >eut être question dans toutes les recherches sur la gradation dea lumière , que de la comparer à une donnée, à celle du soleil,par exemple , quoiqu’on ne connoisse point son intensité ab-solue , ou de déterminer quelle est le rapport d’une lumièrealfoiblie , soit par sa transmission à travers un milieu quelconqueet d’une certaine épaisseur, soit par sa réflexion sur des corpspolis ou mats , avec la lumière primitive qui seroit arrivée im-médiatement à nos yeux.
Il employa plusieurs moyens pour soumettre au calcul lesintensités des lumières différentes. Mais une des principales etcelle qu’il employé le plus souvent, est fondée sur les principessuivans.
Tout le monde sait qu’un flambeau étant placé à une distancedouble d’une surface , la lumière dont il l’éclaire n’est que lequart de celle qu’il jette sur cette surface à une distance simple,tout étant d’ailleurs égal et semblable , comme l’inclinaison des
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