5 .{ o HISTOIRE
rayons ; et qu’en général les intensités des lumières sont dansce cas en raison inverse des quarrés des distances.
Telle est la première base des recherches de Bouguer ; il enest une autre qui ne lui est pas moins nécessaire, et qui gît dansun fait qu’il établit par l’observation ; savoir , que si deuxlumières sont exposées à l'œil de la manière convenable , c’est-à-dire , contiguës à-peu-près l’une à l’autre, et l’œil les saisissantd’un même coup , il peut être affecté de leur différence , nefût-elle que d’un 3 o e ou même d’un 40 e : ainsi lorsqu’un œilexercé et appliqué convenablement, jugera deux lumières égales ;on peut être assuré que l’erreur possible n’excédera pas cetteincertitude , et que les conséquences tirées de cette observationseront à un 3 o e ou 40 e d’erreur, ce qui, dans une matière sem-blable , doit être réputé de nulle considérations. Car il n’en estpas des déterminations physiques comme des géométriques , ilfaut dans les premières allouer quelque chose à l’erreur inévi-table des sens.
Ces deux principes étant admis , nous allons montrer , parquelques exemples , comment on peut résoudre un grand nom-bre de problèmes de cette nouvelle branche de l’optique.
Supposons , par exemple, que l’on veuille déterminer le rap-port d’intensité entre deux corps lumineux , comme seroit ungros flambeau et une chandelle ou une bougie. Nous prépareronsdeux cartons ou tablettes percées chacune d’un trou quarré ourond de même dimension , et recouvert d’un papier mince etégal , en forme de transparent , ces deux tablettes étant placéesperpendiculairement sur une table à côté l’une de l’autre, nousferons ensorte qu’elles soient éclairées sous le même angle, l’unepar le flambeau , l’autre par la bougie, en interceptant touteconfusion de lumière, et écartant toute lumière étrangère : l’œilétant ensuite placé derrière ces tablettes , à égale distance del’une et de l’autre , et de manière à voir les deux transparenséclairés d’un seul coup-d’œil , on reculera le flambeau jusqu’àce que les deux transparens paroissent également lumineux. Onmesurera les distances respectives du flambeau et de la bougieà leur transparent. Que la première soit, par exemple , de 20pieds et l’autre de 6 , on en conclura que la lumière du flam-beau est à celle de la bougie, comme 4 °° est à 36 , ou comme100 est à 9. On parviendroit peut-être à une détermination plusprécise si l’on déterminoit les deux distances du flambeau , celleoù son éclat sur le transparent commenceroit à excéder tant soitpeu sensiblement au jugement de l’œil l’éclat de la bougie , etcelle où il commenceroit à être jugé tant soit peu moindre : carla distance moyenne donneroit celle où les deux éclats seroientprécisément égaux.