DES MATH ÉMATIQUES. Part. V. Liv, II. 541
Qu’il soit maintenant question de déterminer combien la ré-flexion faite par un miroir plan absorbe de la lumière d’un objetou du corps lumineux qu’il éclaire. Soit ce miroir en P (fig. 22) etl’objet, que nous supposons un carton éclairé en Q ; que l’œilplacé en O rapporte R , mais dont l’image est moins vive quel’objet. Soit placé en S un carton semblable en tout au carton Q ,parallèlement à ce dernier, et ensorte que l’œil O puisse apper-cevoir en même temps l’image R et l’objet S. Dans la ligne enfinSQ qui joint les centres de S et Q, soit placée une bougie de tellesorte , que n’étant point apperçue de l’œil Ü , les images R et Sparoissent absolument égales en éclat. 11 faudra que le point Tsoit plus voisin de Q que de S , pour compenser la perte delumière faite par la réflexion en P. Que TQ soit par exempleà TS comme 4 à 5 ; on en concluera par les raisons ci • dessus ,que l’objet Q est plus éclairé que S dans le rapport de 25 à 16 ;et puisque S et Q paroissent également éclairés , il s’ensuit quesous l’angle d’incidence QPV, la réflexion a absorbé les dela lumière tombée sur le miroir P*
On pourra de la même manière trouver combien une surfaced’une certaine nature , par exemple , un miroir d'acier ou demétal composé absorbe plus ou moins de rayons qu’un miroirde verre ; et ce qui paroîtra assez extraordinaire , c’est que lemiroir de métal le mieux poli renvoyé moins de rayons que leverre. On déterminera de même quelle perte de rayons se faitau travers d’une épaisseur donnée d’eau , de verre , &c. Bouguerdonne des tables de ces différentes déperditions de lumière occa-sionnées par les différentes inclinaisons des rayons incidens surles surfaces de l’eau, du mercure , du verre.Nous pourrions enextraire des remarques intéressantes , mais nous nous hâtonsd’arriver à quelques déterminations singulières que nous pré-sente cet ouvrage.
Telle est celle du rapport de la lumière de la lune avec celledu soleil que M. Bouguer trouva , en prenant un milieu entrediverses observations, être de 1 à 3 ooooo environ. Pour y par-venir, il introduisit dans la chambre obscure par un trou d’uneligne de diamètre un rayon du soleil , alors élevé de 3 i° surl’horizon. Mais il s’agissoit de comparer cette lumière à celled’une bougie placée à une distance déterminée , ce qui n’étoitpas sans quelque difficulté , vu le grand éclat de la lumière. Ilafioiblit cette lumière trop vive en la faisant passer à travers unverre concave, qui la dispersant comme si elle veuoit d’un pointdéterminé , savoir son foyer virtuel, permit d’en calculer l’inten-sité. Il trouva de cette manière que la lumière du soleil intro-duite comme on a dit , et passant à travers un verre concave ,étoit dilatée dans un espace de ro8 lignes de diamètre ou af-