542 HISTOIRE
foiblie 11664 fois, et dans cet état elle équivaloit à celle d’une
bougie éloignée de 16 pouces.
Il attendit ensuite que la lune alors pleine fût montée sur l'horizonde 3 i°, et il reçut sa lumière de la même manière et sur Je mêmeverre , et il trouva que dilatée dans un espace de 8 lignes seu-lement de diamètre ou affoiblie 64 fois , elle n’équivaloit qu’à lalumière de la même bougie éloignée de 5 o pieds. Ainsi la lumièredu soleil affoiblie 11664 fois, étoit encore 448 fois plus forte quecelle de la lune affoiblie seulement 64 fois , ce qui donne lerapport de l’une à l’autre de 1 à 268000 à-peu-près. D’autresobservations lui donnoient un rapport qui excède celui de 1 à800000, et en prenant un milieu , il trouve que ce rapport est leplus approchant de la vérité.
Remarquons cependant ici que par d’autres considérations ,M. Bouguer établit que si la lune avoit partout le même éclatque dans ses parties les plus claires , sa lumière seroit à celledu soleil environ comme de 1 à 90000. Mais on sait qu’elle estcouverte de taches plus brunes, et même quelques-unes commecelle de Grimaldi, d’un brun fort obscur. C’est-là sans doute laraison par laquelle la lumière totale de la lune n’est guère quele tiers de celle des parties les plus blanches.
Ce rapport de la lumière de la lune à celle du soleil, a occupéquelques autres physiciens géomètres , M. Smith , entr’autres ,l’auteur du grand Traité d’optique.
Lahire trouva que les rayons de la lune rassemblés par unmiroir ne produisoient aucune chaleur. ( Mém . 170 5 ). Michellen conclut, que la lune ne réfléchit que la 7 e partie de la lumièrequ’elle reçoit. Phil. Trans. 1763.
Une autre détermination bien intéressante donnée par Bou-gner, est celle du rapport de la lumière du soleil à différenteshauteurs sur l’horizon, détermination donnée par Mairan, pourcalculer le degré de chaleur de cet astre dans les différentessaisons de l’année : car il n’échappa pas à cet habile physicience qui semble avoir échappé même à Halley, que pour déter-miner ce degré de chaleur, il ne falloit pas se borner à la dé-duire de l’obliquité avec laquelle dans les différens temps sesrayons tombent sur la terre. Mais il vit bien qu’il y entroit unenouvelle cause d’affoiblissement dans les moindres hauteurs ;savoir la diminution d’intensité dans la lumière même du soleil,causée par son trajet à travers une plus grande étendue de l’at-mosphère , que quand l’astre est plus élevé. Mais il s’en tenoità proposer cette détermination aux physiciens , et ce fut enpartie ce problème qui engagea Bouguer, dans ses Recherchessur la gradation de La lumière ; il étoit alors au Croisic , où ilremplissoit la chaire de professeur d’Hydrographie , occupée