DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 543
Des surfaces de cette nature peuvent être regardées commecomposées d’une multitude de petites surfaces polies, sphériques,ou polyédriques , &C. qui réfléchissent la lumière de tous lescôtés, et l’on parviendroit à déterminer l’éclat de la surfacequ’elles recouvrent, si l’on coimoissoit le nombre et la naturede ces aspérités. Bouguer fait voir par exemple, que si l’onnvoit une surface recouverte de demi sphérules parfaitementpolies , elle présenteroit de quelque côté qu’on la considérât, lemême éclat. Mais cela n’ayant lieu ù l’égard d’aucune surfacematte , il s’ensuit que ce n’est pas là le cas de la nature.
Les expériences de Bouguer lui ont appris que sur la plupartdes corps de cette nature le nombre des facettes imperceptiblesqui réfléchissent la lumière perpendiculairement est plus grandque le nombre de celles qui la renvoyent obliquement} et eneffet cela suit de cette observation journalière que des corps decette nature paroissent plus éclatans lorsqu’on les regarde per-pendiculairement que lorsqu’on les considère obliquement} maisil s’agissoit de mesurer ce degré d’éclat sous les différentes in-clinaisons.
Pour y parvenir, Bouguer employé une sorte d’interpolationgéométrique, je veux dire qu’ayant déterminé par expérienceet d’après les moyens indiqués plus haut, le degré d’éclat d’unesurface quelconque , par exemple , un papier bien blanc , sousdifférentes obliquités comme de o degré, 3o , 60 90 °. Il repré-sente les degrés d’éclat observés sous ces angles par des lignestelles que AB, AC, AD ( Jîg . 24 ), faisant les mêmes angles avec lasurface, et joignant les extrémités de cet lignes, il en résulte unecourbe qu’on pourroit nommer la numératrice des petites facettesqui réfléchissent la lumière dans le sens de A B, AC, AD, &c.C’est le plus souvent une espèce d’ovale un peu plus aigii vers lepoint A, et dont le plus grand rayon est le perpendiculaire.Mais si un corps étoit tel, que vu sous l’angle de 45° il parûtavoir le plus grand éclat, la courbe auroit la forme indiquéepar la fig. 7.5, ou AC inclinée de 45° est la plus grande} maisce cas paroît-être de pure spéculation.
On pourra donc déterminer par une sorte d’approximationl’équation d’une pareille courbe, qui donneroit sous une incli-naison quelconque à bien peu de chose près l’éclat de la surfacepour laquelle cette courbe seroit construite , et Bouguer donneun essai de ce moyen. Mais ici une simple opération graphiqueest plus simple et suffisamment exacte, et conséquemment pré-férable.
C’est ainsi que Bouguer a examiné les éclats respectifs d’unelame d’argent mat, du plâtre, de papiers de différentes espèces,sous les différentes inclinaisons soit du corps éclairant soit deTome III, Z z z