B.\6 HISTOIRE
l'œil, et il en a déduit la solution de divers problèmes, celui-ci parexemple : étant donnée la position de l’œil, trouver celle ducorps lumineux pour que l’éclat d’une surface déterminée soitou le plus grand possible ou d’un degré déterminé. Appliquantensuite ces spéculations à la question intéressante de l’illumina-tion des corps célestes et surtout de la lune, il en déduit desconséquences curieuses, et en particulier celle que si les partiesbrunes des taches de la lune étoient des lacs ou des mers commeon l’a pensé , il en résulterait que dans le voisinage des conjonc-tions elle nous éclairerait deux fois autant que vers l’opposition.
Nous avons donné dans le réçit qu’on vient de voir le pre-mier pas aux recherches et aux découvertes de Bouguer commeétant le premier qui soit entré avec succès dans cette carrière.Nous ne devons cependant pas omettre celles de deux géomètrescélèbres qui, dans le même temps s’occupoient aussi de cet objet.L’un est Euler dont on a dans les Mémoires de Berlin , année 1750,un mémoire savant intitulé : Réflexions sur les différens degrésde lumière du soleil , et des autres corps célestes. Après avoirdémontré quelques théorèmes géométriques sur l’illumination descorps sphériques, et en particulier celui-ci, que l’éclat d’un corpssphérique est en raison directe du produit de l’intensité de salumière , par le quarré du sinus de son diamètre apparent, divisépar le carré de la distance, il soumet au calcul, d’après desconjectures vraisemblables sur la contexture, la grandeur etl’éloignement des divers corps célestes, les éclats respcctils dusoleil, de la lune, des planètes, et même des étoiles fixes. Ainsiil trouve la lumière de la lune pleine environ la ^74000 partiede celle du soleil ; celle de Saturne dans son opposition 1000000fois plus foible que celle de la lune, celle de Jupiter en opposi-tion 46000 fois moindre que celle de la lune ou environ 22 foiségale à celle de Saturne. Celle de Mars, toutes choses égalesquant à la contexture , devrait être 20000 fois environ cellede la lune ou double, à-peu-près, de celle de Jupiter; si leContraire a lieu, on doit, selon Euler, l’attribuer à la nature dela surface de cetie planète. Venus, selon les mêmes calculs a,dans ses plus grandes digressions, un éclat qui est la 4200 epartie de celui de lune , mais dans la position où elle a sonplus grand éclat, ce qui n’est pas dans les plus grandes élon-gations, il est à celui de la lune environ comme dooo à 1. Quantaux étoiles fixes, celles de la première grandeur, par exemple,elles se refusent à cet égard à toute espèce de calcul ; parcequ’on ne connoît point leur diamètre apparent qui n’est sensibleau moyen d’aucun instrument. Leur supposer seulement un éclatde idoooooo fois moindre que celui du soleil, cela seroit exces-sif, puisque 5 o étoiles de la première grandeur égaleroient en