DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 54 7éclat la pleine lune, ce qui ne sauroit être. Par quelques consi-dérations combinées Euler trouve seulement que si l’on supposoità une étoile lixe, une masse et une intensité de lumière égalesà celles du soleil, en lui supposant en outre un éclat égal àJupiter, on en pourroit conclure qu’elle seroit i3rooo fois pluséloignée de la terre que le soleil, et que sa parallaxe annuelleseroit de 3". Mais nous ne nous arrêterons pas davantage àces déterminations , parce qu’elles dépendent de données tout-à-fait conjecturales.
Le second des géomètres dont j’ai parlé plus haut est Lambertqui s’occupoit aussi du même sujet; il annonçoit ses travauxa cet égard dès l’année 1708 , dans son ouvrage Des propriétésremarquables de la route de la lumière dans les airs. Et ilremplit ses engagemens avec le public en 1760, par sa Pho-tométrie. Il n’est aucune partie de cet ouvrage qui ne fassehonneur à la profonde sagacité de son auteur. Il y a plusieursobjets de recherches qui avoient échappé à Bouguer ou qu’iln’avoit traités que légèrement et comme en passant. Lambertles traite fort au long.
Priestley n’avoit pu se procurer la Photométrie de Lambert,et il se promettoit d’en donner l’extrait dans une secondeédition de son ouvrage, ou dans les supplémens , mais il n’adonné ni l’un ni l’autre ; nous allons y suppléer en donnantune idée de cet excellent ouvrage dont voici le titre : J. H.Lambert, Photometria sive de mensura et gradibus luminiscolorum et umbrae , Augustae vindelic , 1760. 56o pages in- 8°.
L’optique dont nous avons parlé jusqu’ici a été d’un secoursirlini pour corriger les défauts de la vue , pour rectifier lesjugemens des yeux, pour démêler la vérité, pour nous faireconnoître les inondes que la nature sembloit avoir voulu nouscacher en les éloignant au-delà de la portée de notre vue, ouen les rendant imperceptibles par leur petitesse, mais dit Lam-bert , la connoissance de la lumière elle-même n’en a pas étéfort perfectionnée. Le photométrie y contribue d’avantage. Pouravoir une théorie de la lumière, il ne suffit pas de savoir qu’ellese réfléchit et se brise suivant une certaine loi ; mais il impor-tera d’en pouvoir déduire la quantité de l’une et de l’autre d’aprèsles expériences.
Bouguer en a donné un très-bel essai sur la gradation de lalumière; il a considéré son passage par plusieurs verres, parl’eau, par l'atmosphère. IL en a cherché l’affoiblissement, ils’en est servi pour la célèbre expérience sur la comparaison dela clarté du soleil et de la pleine lune. Euler a encore donnéune dissertation sur les.différens degrés de la lumière des astres.Et on trouve dans plusieurs livres d’optique des recherches qui