DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 553les miroirs sphériques de verre, la résolution en est très-facileet très praticable.
Il trouve qu’il y a des propriétés des miroirs et lentilles deverre dont personne n’avoit fait mention. Un seul miroir ou uneseule lentille , sans rien changer à leur figure , peuvent brûler enplusieurs endroits différens, et bien distans les uns des autres.Pour cela il prouve, avant tout, par des expériences décisives,que les verres sphériques, non étarnés , peuvent allumer du feu ,en vertu de la seule réflexion des rayons du soleil faite sur leursurface.
Il montre ensuite qu’on peut faire des miroirs sphériques deverre, qui brûlent par réflexion en deux endroits différens enmême-temps ; d’où il déduit que tous les miroirs sphériques deverre qui brûlent par réflexion, celui dont les deux surfaces sontconcaves et concentriques, est aussi celui qui a le plus de forcepour brûler; tout le reste étant égal.
Il prouve aussi qu’on peut faire des lentilles de verre qui, étantexposées au soleil, brûlent en même-temps dans deux endroitsdifférens, dont l’un est devant et l’autre derrière la lentille; qu’ilest possible d’en faire d’autres qui brûlent en trois endroits dif-férens en même-temps , dont deux pardevant et le troisième par-derrière . Enfin, dans un miroir quelconque donné , il déterminele nombre et le lieu de ces endroits brûlans, leur distance entreeux et celle de chacun au miroir.
Les objets vus au moyen des miroirs et des lentilles sphériques,paroissent tantôt devant, tantôt derrière ces miroirs ou len-tilles. Le P. Abat détermine les cas dans lesquels ils sont vus de-vant et ceux dans lesquels ils sont vus derrière.
Lorsque les objets sont vus devant un miroir concave, ou de-vant une lentille convexe, ils présentent souvent des spectaclestrès-amusans et très-curieux; il en détaille quelques-uns; et ilpromettoit la description de plusieurs nouvelles curiosités d’op-tique dont ces phénomènes sont le fondement.
Selon les différentes distances auxquelles l’œil est placé, parrapport à l’objet et à l’image ,1a vision est distincte ou confuse :il marque ces différentes distances dans lesquelles on ne les voitque confusément, soit qu’on les voie devant, soit qu’on les voiederrière le miroir ou la lentille.
Quoique le spectateur, l’objet et le miroir, ou la lentille, restedans la même situation, et à la même distance les uns des au-tres, il arrive cependant que l’objet est vu différemment, etqu’on le voit, tantôt devant, tantôt derrière; il remarque quel-ques circonstances dans lesquelles ces changemens arrivent, etil détermine en même-temps la manière la plus propre pourréussir presque toujours à voir les objets devant les miroirsTome III. A a a a