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tandis que pour en voir d’autres avec distinction , il aura besoinde lunettes concaves. 11 fait quelques remarques très-impor*tantes à ce Sujet, afin que ceux qui se servent de lurettes, soitconvexes, soit concaves, en tirent tout l’avantage possible.
I-e P. Abat, qui avoit tant d’industrie, avoit aussi beaucoupd’érudition; il prouve, par Sénèque ( Quest. nat. 1. I, cap. 5 )que la propriété qu’ont les miroirs concaves de représenter lesobjets renversés, étoit connue des anciens. Ils savoient qu’on peutse placer devant un miroir concave, ensorte que l’on voie lesobjets en l’air entre le miroir et l’œil de celui qui regarde; carArtemidore Parien,cité par Sénèque, chap. 4 , dit: Si vous faitesun miroir concave qui soit portion d’un globe, et que vous vousmettiez hors du milieu du miroir (c’est-à-dire plus loin du miroirque le centre), il vous semblera que tous ceux qui sont à cotéde vous, soient plus près de vous que du miroir: Si spéculumconcavum Jeceris , quod sit sextaepilaepars , si extra mediumconstiteris , quicumque juxtà steterint universi a te videbunturpropiores quàm speculo.
L’art de faire de grands miroirs n’étoit pas inconnu aux an-ciens , car Quintilien, dans ses Institutions de l'orateur (Liv.11 , cliap. dernier ) , et Plutarque , dans la Vie de Démosthène ,nous disent que ce fameux orateur athénien , dans sa jeunesse,déclamoit ses harangues devant un grand miroir, afin de mieuxrégler son geste ; et Sénèque, encore dans le même livre que nousavons cité ci dessus, chap. 17 e , vers la lin, dit qu’on avoit fait desmiroirs de la grandeur du corps humain.
Les anciens Péruviens, du temps des Incas, avoient l’art defaire des miroirs plans, des miroirs convexes et des miroirs con-caves ; ils les faisoient de deux différentes espèces de pierres,capables d’un poli fort vif ; ils en faisoient aussi d’une compo-sition, ou mélange de plusieurs métaux, qu’on ne connoît plusaujourd’hui : ils étoient tous plans d’un côté et concaves ou con-vexes de l’autre.
Don Antoine de Ulloa, qui en a vu un grand nombre dansson voyage à l’Amérique méridionale, dit « qu’ils sont aussi bientravaillés , que si ces Péruviens avoient eu toutes les machinesnécessaires, et de grandes connoissancesd’optique ». 11 en vit undont la principale surface étoit concave, et qui avoit un pied etdemi de largeur ; il dit « que ce miroir grossissoit beaucoup lesobjets,et qu’il étoit aussi bien travaillé, aussi bien poli et aussiparfait que pourroit le faire un habile ouvrier d’aujourd’hui ».
Les anciens possédoient aussi l’art de faire des miroirs deverre ; ce qui est évident par un passage de Pline, liv. 36, cap. 26 ,où, en parlant du verre, il dit qu’on lui donnoit la ligure ensoufflant, qu’on savoit le travailler au tour , qu’on le ciseloit