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Tome troisième.
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DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. II. 55 7comme l’argent, et que la ville de Sydon étoit autrefois célèbrejiar les fabriques de verre, puisqu’on y avoit inventé l’art d’enfaire des miroirs : Aliudflatujiguratur , al'mdtorno teritur , aliudargent}, modo caelatur , Sydone quondam iis ojjicinis nobili , siquideni etiam speculae excogitaverat.

Les miroirs dont Buffon se crut l’inventeur ( Mém . de 1747»p. b?.) étoient connus des anciens.

Anthémius, qui vivoit sous l’empereur Justinien , au sixièmesiècle, avoit non-seulement imaginé la manière de faire desmiroirs ardens composés de miroirs plans ; mais il avoit trouvéque vingt-quatre de ces miroirs suffisoient pour brûler. C’estainsi que Viteilion nous l’assure dans son cinquième livre d’op-tique, et Dupuy adonné l’ouvrage même d’Anthemius, traduitdu grec pour la première fois en 1779. Sa traduction fut impri-mée au Louvre, et insérée dans le quarante-deuxième volume del’Académie des Inscriptions ; nous en avons parlé 1.1, p. 335 .

Cette antiquité des miroirs est encore reculée de huit siècles,si Archimède fit réellement usage des miroirs plans, pour brûler laflotte des Romains dans le siège de Siracuse. Quoique ceci nepuisse point être prouvé directement par aucun passage positifdes anciens auteurs ; cependant le P. Abat, dans ses Arnusemensphilosophiques 1763, le prouve assez bien par diverses inductions.Tzetzèsdit, en parlant de ce fait, nous pouvons en tireé desraisons très-plausibles qui nous le font conjecturer avec beau-coup de ressemblance; car il dit nettement que la machine d’Ar-chimède étoit composée de plusieurs miroirs , et que ces miroirsétoient mobiles , au moyen de certaines planches destinées àcet effet.

Sur cette circonstance donc, que Tzetzès, nous apprend dansla description du miroir d’Archimède, je remarque premièrementque quoiqu’un miroir ardent, composé de plusieurs pièces rap-portées , puisse être composé de miroirs concaves, aussi bienque de miroir plans, dès qu’il ne nous conste pas que ce fût lesuns plutôt que les autres qu’Archimède prit [jour composer samachine, l’on sera tout au moins aussi bien fondé à dire quec’étoient des miroirs plans, qu’à soutenir que c’étoient des miroirsconcaves.

La machine composée de miroirs plans, est plus simple etd’une plus facile exécution que celle qu’on feroit avec des miroirsconcaves. Il est donc plus naturel de penser que le miroir ardentd’Archimède étoit composé de miroirs plans, que de miroirsconcaves.

De plus, pour composer un miroir ardent de plusieurs miroirsconcaves, il n’est nullement nécessaire , pour en tirer tous lesavantages possibles, que ces miroirs soient mobiles ; ce qui est