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Tome troisième.
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HISTOIRE

d’une grande utilité et procure les plus grands avantages à celuiqui est composé de miroirs plans; car, quoiqu’on lasse les miroirsconcaves mobiles, il ne s’ensuivra pas pour cela qu’on puissechanger leur foyer commun, et le porter à plusieurs distances dif-férentes, et par conséquent on ne pourra pas non plus brûler,par leur moyen, à plus d’une distance déterminée ; d’où il suitencore que toutes les fois que la distance à laquelle on aura ledessein de porter le feu, deviendra, ou plus grande, ou pluspetite , il faudra nécessairement rejetter les premiers miroirs, eten substituer d’autres à leur place, ce qui, comme on voit, nepeut que porter de grandes difficultés et de grands inconvéniensdans la pratique.

Mais dès que la machine sera composée de miroirs plans etmobiles , toutes les difficultés disparoîtront ; il n’y a plus aucuninconvénient; on pourra porter le feu à des distances fort diffé-rentes entre elles, tantôt plus grandes, tantôt plus petites,commeon voudra; la machine demeurant la même, et sans être obligéde changer de miroirs ; il suffira pour cela de donner un peu plusou un peu moins d’inclinaison à chacun de ces miroirs.

Lorsqu’Archimède conçut l’entreprise du miroir ardent, ilavoit en vue de brûler à une grande distance. Il devoit donc leconstruire ensorte qu’il fût facile de le diriger de façon qu’il pûtfaire tomber son foyer précisément sur les vaisseaux des Ro-mains , dans lesquels il avoit projeté de mettre le feu. La distancede ces vaisseaux étant toujours incertaine et pouvant changer àtout moment, il étoit absolument nécessaire, afin qu’Archimèdepût réussir dans son dessein , ou qu’il eût en son pouvoir ungrand nombre de miroirs ardens de différens foyers, ou que ,n’en ayant qu’un seul, il pût augmenter ou diminuer à sa volontéla distance de ce miroir à son foyer ; autrement, il est visible qu’ilne pouvoit réussir que par hasard ; car pour peu que les vaisseauxse fussent approchés ou éloignés dans le temps qu’il dirigeoit verseux son miroir, ils se inettoient à l’abri de l’embrasement, s’ilne pouvoit pas en même-temps approcher ou éloigner le foyer.Or, la distance des miroirs concaves au foyer étant invariable , ilest évident que si Archimède avoit voulu se servir de ces miroirs ,et qu’il ne les eût pas fait tels, que leur distance au foyer fûtexactement égale à celle de ces mêmes miroirs aux vaisseaux, ilauroit perdu son temps : sa machine devenoit entièrement inutile,et il lui falloit faire de nouveaux frais pour exécuter son dessein.

Il suit donc, de tout ce que je viens de dire, que s’il est vrai,comme Tzetzès l’assure, que les miroirs, dont Archimède seservit, étoient mobiles, il est aussi prouvé que c’étoit des miroirsplans, et par conséquent l’invention de brûler, au moyen desmiroirs plans, est aussi ancienne qu’Archimède. F. 398.