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Tome troisième.
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DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. II. 55 9

Le P. Kircher, jésuite, dans son Ars magna lucis et um-brae , liv. 10, p. 6 , prob. 7, croit que Proclus , qui vivoitdans le cinquième siècle , se servit de miroirs plans pour biûlerla flotte ennemie dans le siège de Constantinople. Après lui plu-sieurs auteurs ont adopté son sentiment, non-seulement pourles miroirs de Proclus, mais aussi pour ceux d’Archimède. Tousles savans, avant le P. Kircher, et plusieurs autres encore aprèslui, ont cru que ces miroirs ardens étoient paraboliques.

Cette invention des miroirs ardens plans est si belle, et elle a faitdepuis quelques années , tant de bruit dans le monde littéraire,qu’elle mérite bien que nous entrions dans quelque détail de sonhistoire et de son origine, en faisant voir en même-temps combienon fait de tort aux anciens en leur ôtant cette connoissance.

Parmi les catoptriciens de ces derniers siècles, le P. Kircher estle premier qui a avancé qu’on pouvoit, avec des miroirs plans ,faire des miroirs ardens supérieurs à tous ceux qu’on connoissoitauparavant, non-seulement par la force et par l’intensité de lachaleur , qu’ils peuvent produire, mais aussi par les grandesdistances auxquelles on peut porter l’embrasement par leurmoyen ; il a même fait des expériences par lesquelles il a prouvéla possibilité de ce qu’il avançoit, et avec cinq miroirs, plansseulement, il a produit une chaleur presqu’insupportable à ladistance de plus de cent pieds.

Il a fait plus; il a donné une description bien détaillée dela manière dont on doit ajuster les miroirs plans , pour pro-duire tous les effets qu’il promettoit, et il a donné tous les éclair-cissemens nécessaires pour la facilité de l’exécution. On serapleinement convaincu de tout ceci en lisant ce qu’il a dit àce sujet dans son Ars magna lucis et umbrae , Liv. X. Part. III.pages 765, 771, et 772., impression d’Amsterdam. Il invite encoretous les savans catoptriciens a faire des expériences, et à mettreen exécution ce qu’il a enseigné, et il assure qu’en suivant sonprocédé, on verra qu’il n’y a point de machine catoptriquequi soit capable de brûler avec plus de force, ni a une plusgrande distance.

Après le P. Kircher, le P. Gaspard Schott a donné dans saMagia utiiversalis, tome I. le détail des miroirs ardens plans,en deux manières différentes, d’après Kircher , sans y rien ajou-ter, ni pour la théorie ni pour la pratique.

Il est étonnant qu’une si belle machine , expliquée d’unemanière si nette et si précise dans les ouvrages de ces deuxhommes connus de tous les savans, ait resté près d’un sièclesans que personne ait pensé à la mettre en exécution. 11 estvrai que Fontenelle, dans l’éloge de Hartsoëker, nous dit quece sayant entreprit, dans son observatoire d’Amsterdam, un grand