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Tome troisième.
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DE S MAT H É MAT IQ U E S. Part. V. Liv. II. 56 1Mais cette diversité d’opinions sur l’auteur de ce miroir nepeut porter aucune atteinte à la vérité du fait. Car c’est unechose assez fréquente dans l’histoire , que différens auteurs at-tribuent à différentes personnes un même fait, sans que pourcela on regarde le fait en lui-même comme fabuleux. La cons-truction de la tour du Phare, attribuée par quelques-uns àAlexandre, et par d’autres à Ptolémée, en est un exemple. Ily a apparence que ceux qui ont parlé de ce miroir placé surcette tour, l’ont jugé construit par celui-là même qui avoit faitbâtir un si merveilleux édifice. La seconde raison qui est aussila plus forte en apparence contre l’existence de ce miroir, cesont les circonstances et les propriétés impossibles avec lesquellesles historiens le décrivent. Paul Arèse, évêque deTortonne, dansson livre intitulé : Impresse sacre cité par Scarabelli, dans sonMuseo seltatiano, dit « qu’il savoit que Ptolemée avoit vu à» six cents mille de distance les bâtimens qui venoient au port» d’Alexandrie, non pas par la force de sa vue, mais par la vertu» d’un crystal, ou d’un verre ». Cependant il ajoute : « que la» vérité ae ce fait lui est suspecte à cause de la rondeur de la» terre qui le rend impossible. » Mais cette circonstance de voirsix cent mille pas de distance, ou de 5oo parasanges, tout im-possible qu’elle est, ne doit pas suffire pour dire que ce miroirn’a pas existé ; car il devoit être regardé comme une grandemerveille dans ce temps-là, et tous ceux qui en voyoient les effetsdévoient être remplis d’étonnement. Quand même il n’auroitpas fait plus d’efï'et qu’une petite lunette d’approche, il ne pou-voit pas manquer d’être regardé comme un prodige. Ainsi ceseffets furent exagérés au-delà du vraisemblable, et même du pos-sible , comme il arrive d’ordinaire aux machines et inventionsrares et admirables qu’on leur attribue des effets qu’elles ne fontpas, et même des effets impossibles. Si nous ôtons donc du réçitdu miroir de Ptôlémée ce qu’il y a d’évidemment exagéré parl’ignorance, il ne contient autre chose, sinon qu’à quelque dis-tance que les objets fussent placés, pourvu qu’il n’y eût riend’interposé entre ces objets et le miroir, on les voyoit plus dis-tinctement qu’à la simple vue, et que par son moyen, on voyoitbeaucoup d’objets qui étoient imperceptibles à cause de l’éloi-gnement, ce qui ne contient rien que de possible ou de vrai-semblable. Ainsi, en fait de catoptrique et de dioptrique, lesconnoissances des anciens alloient un peu plus loin qu'on lecroit ordinairement. Abat en donne quelques preuves, et prin-cipalement pour ce qui peut contribuer à rendre vraisemblablel’existence du miroir de Ptolémée. Fontenelle, ( Hist. Acad.1708 ) , parlant des miroirs ardens des anciens dit : « les miroirsardens ont été certainement connus des anciens. Car quelquesTome 111. £ b b b