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Tome troisième.
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56% HISTOIRE

historiens ont prétendu qu’Archimède s’en servoit à brûler uneflotte, et quoiqu’ils leur attribuassent un effet impossible, celamême prouve qu’ils étoient connus; mais il est sûr que ces mi-roirs qu’ils imaginoient, dévoient être de métal, et concaves, etavoir un foyer par réflexion ; et l’on est communément per-suadé que les anciens ne connoissoient pas les foyers par réfrac-tion des verres convexes. Fontenelle prouve avec laHire, parplusieurs passages tirés d’Aristophane, et de son Scholiaste, dePline et de Lactance, que les anciens connoissoient aussi leseffets des verres convexes et des boules de verre pour brûler.On peut voir tous ces passages dans le même endroit de l’His-toire de VAcadémie , auxquels on peut en ajouter un autrede Saint-Clément d’Alexandrie cité par le P. Frijoo, ( Théâtrecritique , tome IX , page 146). Viam excogitat qua lux , quaea soleprocedit per vas vitreum aqua plénum ., ignescat.

On peut encore ajouter ici ce passage de Saint-Isidore deSéville , dans ses Etymologies , Liv. XVI. Chap. XIII, où il diten parlant du crystal : Hic oppositus radiis solis adeo rapitflammam , ut aridis fungis , vel foliis ignem praebeat. MaisFontenelle dans le même endroit, et d’autres avec lui, attribuentaux anciens l’ignorance de plusieurs choses qu’ils connoissoientcertainement, comme le P. Abat le prouve sur les miroirs plans,sur la propriété des boules de verre pour grossir les objets , surles miroirs concaves, et les verres concayes.

Il prouve aussi que les miroirs ne sont presque jamais bienplans, et qu’ils ont un très long foyer qui peut faire voir les objetsplus clairement. Parmi le grand nombre de ces miroirs qu’onregarde comme plans, il y en a qui sont concaves, et d’uneconcavité assez, régulière , pour produire d’une manière sensibleles effets des miroirs concaves, lorsque par hasard, le miroir,l’objet et le spectateur se trouvent placés de la manière qu’ilfaut pour cela. Le P. Zalin , dans son Oculus artificialis , rap-porte une aventure singulière d’un chanoine d’Lrf'urt, qui leprouve clairement.

Ce chanoine se promenant dans son appartement, regardapar hasard un miroir qui étoit suspendu à la muraille, il vitl image d’un crucifix de la grandeur d’un homme ; elle luiparut être réellement la même qu’une autre qui étoit placée aumilieu d’un autel dans l’église dont il étoit chanoine. Il futd’abord surpris, et sa surprise augmenta beaucoup , lorsqu’enchangeant de place, l’image disparut. 11 retourna au mêmeendroit d’où il avoit vû l’image la première fois, et aussitôtelle reparut. II regarda par tout autour de lui, mais il ne vitrien à quoi il put attribuer l’apparition d’une si grande image ,jusqu’à ce qu’enfin il s’apperçut que dans un endroit élevé il