Band 
Tome troisième.
Seite
563
JPEG-Download
 

DES MATHEMATIQUES. Part. Y. Liv. II. 56 3

y avoit une petite image d’un crucifix. Il ôta cette image desa place, et retourna tout de suite à sa première position , ilne vit plus d’image dans le miroir. Il connut pour lors, quec’étoit cette petite image grossie par le miroir

11 ne pouvoit pas cependant revenir de son étonnement ,ne pouvant point comprendre comment une si petite image pou-voit paroître si grande en la regardant dans un miroir qu’ilcroyoit toujours être un miroir plan. Il consulta le P. Zahn,qui répondit fort bien que ce miroir prétendu plan , ne l’étoitpoint, quoique sensiblement il parût tel ; mais qu’il étoit concave,et que le diamètre de sa concavité étoit grand, et par consé-quent les visages de ceux qui s’y regardoient de près , dévoientêtre vus sans paroître sensiblement grossis; mais étant placésà une distance considérable ils dévoient paroître grossis commedans tous les miroirs concaves.

Abat ajoute que de tous les miroirs qu’il a vus, il n’en apas trouvé un seul qui, ayant été bien examiné , ait été trouvéparfaitement plan. Et lorsqu’il se plaçoit à une distance consi-dérable pour regarder les objets éloignés, il les voyoit sensi-blement grossis sans être défigurés ; quoiqu’étant placés près deces mêmes miroirs, en regardant les objets qui n’en étoient pasfort éloignés, il ne vit rien qui fut sensiblement grossi.

Cela étant, qu’y-a-t-il d’impossible, que quelque philosophe,ou artiste d’Alexandrie , s’amusant à faire de ces miroirs plans,en fît quelqu'un qui eût son foyer à six , huit, ou dix pieds dedistance, et qui fût de six, de huit, ou plusieurs pouces dediamètre, qui fût bien poli et d’une figure régulière? Que cephilosophe, ou artiste, s’amusant encore à regarder toutes sortesd’objets avec ce miroir, tant ceux qu’il avoit auprès de lui, queceux qui en étoient éloignés ; il se fût placé dans le point qu’ilfalloit pour voir les objets éloignés avec toute la clarté et toutela distinction avec laquelle on peut les voir par ce moyen; etqu’ayant enfin bien remarqué ce point, il se fût mis en étatde répéter l’expérience sans difficulté, toutes les fois qu’il auroitvoulu.

Ce qui augmente encore beaucoup cette vraisemblance, c’estque pourvu qu’on eût un miroir qui n’eût pas plus de six ousept pouces de diamètre , et que son foyer ne fût pas pluséloigné que de cinq ou six pieds , il suffisoit pour produire unfort bon effet (Abat, p. 4i4).

Le photophore , ou porte-lumière , est un instrument composéde miroirs qui augmentent la lumière et la chaleur. Au collègedes Jésuites de Prague, il y avoit deux miroirs paraboliquesconcaves qui, étant placés vis-à-vis l’un de l’autre, brûloient au

B b b b a