DES MATHÉMATIQUES. P art Y. Liv. II. S 7 1qui occasionnent des phénomènes singuliers. La Hire en fit l’objetd’une dissertation sur les différens accidens de la vue , impriméeen 1694 dans un volume de Mémoires, et qui se trouve dans le9 e volume des anciens Mémoires de l’Académie ; et Jurin adonné un Traité de 78 pages dans l’Optique de Smith , sur lesphénomènes et les singularités qui en résultent.
Le premier est la perfection de l’organe qui peut être dansles humeurs ou bien dans la rétine, que je suppose le principalorgane de la vue.
Le second est une dilatation extraordinaire de l’ouverture dela prunelle, qui ne laisse pas de pouvoir se rétrécir un peu dansla grande lumière.
Le troisième , au contraire , est un grand resserrement de cettemême ouverture , qui peut pourtant s’entr’ouvir un peu dansune grande obscurité.
Quoique la prunelle se dilate toujours dans l’obscurité, etqu’elle se referme à la lumière , cette dilatation et ce resserre-ment ne sont pas pourtant égaux pour toutes sortes de vues. Lesenfans dont les muscles et les tendons sont encore fort mous,peuvent avec facilité dilater beaucoup l’ouverture de la prunelledans J’obscurité, et au contraire la resserrer extrêmement dansla grande lumière. Le muscle de la prunelle peut faire ces grandsmouvemens , et il y est forcé par la délicatesse de la rétine quiseroit touchée trop fortement par une grande lumière.
Les adultes n’ont pas cette facilité, à cause du muscle de laprunelle qui a pris plus de fermeté ; et enfin les vieillards l’ontpresque toujours d’une même grandeur dans l’obscurité et augrand jour.
La dilatation ou le resserrement de la prunelle , est une chosefort visible , mais le défaut de l’organe ne peut s’appercevoir, àmoins que les humeurs ne soient troubles ou blanchâtres.
La Hire examine ce qui peut arriver à chaque vue par cesaccidens de dilatation ou de resserrement de la prunelle , soitquand l’organe est sain, soit lorsqu’il est défectueux. Il traite dela manière dont on juge de l’éloignement des objets par leurgrandeur apparente , la couleur , la distinction , la parallaxe desobjets, la direction des objets , la direction des deux yeux ; lacause qui fait voir les objets doubles, ou multipliés, ou ren-versés ; la cause des iris et des couronnes qui paraissent autourdes chandelles ; les moyens par lesquels on peut remédier auxinconvéniens des vues courtes ou longues ; la formation destaches que l’on voit sur les objets , des étincelles de feu , desrayons et des couleurs ; les différentes irrégularités des troismembranes qui renferment les humeurs de l’œil , et sur lesquellesles rayons se rompent. Enfin, il entreprend de prouver que les