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Tome troisième.
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DES MATHEMATIQUES. Paut. V. Liv. II. 5 7 3

rieure y est plus favorable ; car l’éducation même et l’usage im-mémorial des nations à cet égard doit avoir une cause qui n’estpas vraisemblablement le hasard ; encore moins une conventionexpresse ou tacite entre des peuples qui diffèrent si fort de lieux ,de temps et de coutumes. Quoi qu’il en soit , il ne résulte de-làaucune difformité , au lieu que le regard louche gâte les plusbeaux visages. Buffon détermine le degré d’inégalité qui le pro-duit , et les cas où l’on peut espérer de diminuer ce défaut etmême de le corriger. Son moyen est fort simple et lui a réussiplusieurs fois. Il ne s’agit que de couvrir pendant quelques joursle bon œil avec un bandeau d’étoffe noire. C’est à-peu préscomme si on lioit le bras à un enfant qui , de naissance , setrouverait être gaucher. Car dans le cas d’une inégalité ou laplus grande force n’est pas insurmontable ni la foiblesse sansressource, l’art, la contrainte, et enfin l’habitude viennent àbout de modifier,de changer même la nature en une autre habi-tude , de manière que le sang et les esprits se portent ensuitevers la partie la plus foible avec plus de facilité qu’ils n’auroientfait par un premier sentiment. Buffon a guéri par cette pra-tique plusieurs enfans et quelques adultes. ( llist. de L’Acad.1743, p. 69).

Buffon ne prétendoit pas que ce fût là l’unique cause du stra-bisme j et Dutour , dans le 6 e tome des Savans étrangers , enproposa une autre explication. Je présume, dit - il , que cettedéviation de l’un des axes optiques, peut être attribuée , sinonuniquement , du moins assez généralement à ce que l’une desdeux rétines est originairement plus tendre que l’autre , c’est-à dire , plus susceptible d’être vivement ébranlée et offensée parl’impression des rayons de lumière ; il en résulte que dès la pre-mière fois que des yeux ainsi constitués s’ouvrent à la lumière ,le bon œil s’y dirige tout seul, et que le mauvais , c’est-à-dire ,celui dont la rétine est trop tendre , se détourne pour éviter ,autant qu’il le peut,les impressions qui le blessent. Toutes choseségales d’ailleurs , il se tournera du côté du nez , parce que lenez est un obstacle propre à lui intercepter beaucoup de rayons ,cependant certaines circonstances peuvent le déterminer à setourner du côté des tempes ; par exemple, le berceau étant pa-rallèle à celle des murailles de la chambre où la fenêtre est per-cée , si l’enfant couché a le bon œil de ce côté là , ce sera nonvers le nez, mais vers la tempe que le mauvais œil se tournerapar préférence. D’après ses observations, il indique un procédépour guérir le strabisme.

Que le strabite fixe son bon œil sur un objet d’une couleurfoible ou obscure , placée sur une tapisserie fort éclatante etassez étendue pour que le mauvais œil qui se détourne de l’objet