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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 5 7 5dernier point ne contribue pas trop à altérer les avantages qu’ad'ailleurs par lui-même ce procédé , on ne comptera cet incon-vénient que pour peu de chose, quand il s’agira de s’affranchird’une difformité qu’on ne sauroit masquer et de se procurer lelibre usage de ses deux yeux.

Buffon, dans le volume de i 7 4à> a donné un mémoire inté-ressant sur les couleurs accidentelles.

Lorsqu’après avoir regardé fixement le soleil, on vient à fermerles yeux, ou que , les yeux ouverts , l’on entre tout-à-coup dansun lieu obscur, on voit successivement sur le disque du soleil,qui demeure empreint dans l’imagination , et plus souvent commesur une muraille, du blanc, du jaune , du rouge , du verd, dubleu ou du violet, et enfin du noir , à-peu-près dans l’ordre descouleurs prismatiques, et quelquefois sans ordre, et à diversesreprises, selon que les ébranlemens et les convulsions du nerfoptique s’affoiblissent plus ou moins promptement. Ces cou-leurs sont vraiment accidentelles, puisqu’elles changent sans qu’ilarrive aucun changement à la surface des corps auxquels nousles rapportons ; observons aussi que les couleurs réelles se pein-dront constamment, et dans tous les cas, sur le fond de l’œil,même séparé de l’animal, au lieu que les couleurs accidentelleset variables, uniquement propres à l’œil vivant, et entièrementdues à des mouvemens dont nous renfermons actuellementla cause mécanique, n’ont pas même dans nos yeux ,et au mo-ment où nous les voyons, cette existence superficielle des pre-miers ; car il est plus que vraisemblable que les couleurs acci-dentelles ne sont accompagnées , sur le fond de l’œil , d’aucunepeinture qui s’y rapporte, ou plutôt qu’elles subsistent par leseul ébranlement intérieur qui nous en fait éprouver la sensa-tion , malgré la peinture toute différente des couleurs réelles quine cessentpointde se projeter dans l’œil, lorsqu’il est ouvert, surdes objets éclairés, et d’où résulteroient d’autres ébranlemens ,d’autres sensations , s’il se trouvoit dans son état ordinaire.

Les couleurs accidentelles peuvent donc être produites parune infinité de causes, et sont innombrables par leurs nuances ,comme les couleurs réelles et nécessaires : l’exainen n’en est pasmoins curieux, et il a cet avantage qu’il peut conduire à la con-noissance et à la guérison des maladies de l’organe qui en estle sujet.

Quelques auteurs ont parlé des couleurs accidentelles dont onéprouve la sensation par le trop grand ébranlement, ou par latrop grande tension de l’œil ; mais personne avant Buffon n’avoitremarqué la correspondance systématique de ces couleurs aveccelles qu’on nomme réelles ; par exemple , que le rouge y pro-duit le verd, qu’au jaune succède le bleu, et que les couleurs