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accidentelles mêlées , avec les réelles , donnent les mêmes phé-nomènes que ces dernières mêlées avec d’autres de même nature ;ce qui s’accorde avec la théorie expliquée dans les Mémoires de1788 , des vitesses de vibration ou de transport du fluide , ou descorpuscules lumineux , selon le système newtonien, et par l’ana-logie des ébranlemens plus ou moins prompts de l’organe avecces vitesses.
Parmi les expériences que Buffon a faites sur les couleurs acci-dentelles, et qu’on trouve dans son mémoire , nous en choisironsune qui est la première, et qui suffira pour faire sentir l’étendueque pourroit avoir cette recherche.
Si on regarde fixement une tache, par exemple, un petitcarré de papier rouge sur du papier blanc, on verra naître autourdu carré rouge une espèce de couronne d’un verd foible; et si encessant de regarder ce petit carré, on porte l’œil sur le papierblanc, on y appercevra très-distinctement un carré d’un verdtendre tirant un peu sur le bleu et de la même grandeur que lecarré rouge. Cette apparence, ce carré verd imaginaire subsisteplus ou moins long temps , selon que l’impression de l’or-gane qui s’y rapporte a été plus ou moins vive ; il ne s’éva-nouit qu’après que l’œil s’est porté successivement sur plusieursautres objets dont les images et la nouvelle impression , moinsforte que la précédente, ont délassé et rétabli les fibres de larétine, ou de la choroïde dans leur état ordinaire. On conçoitque des taches d’une autre couleur donneront d’autres appa-rences analogues à celle-ci, et qui se combineront entr’elles deplusieurs façons différentes.
Ces expériences étant faites avec des couleurs brillantes, commeon en voit dans les métaux polis, réussissent encore mieux qu’avecdes couleurs mattes, comme sont celles du papier et des étoffes ;car ce brillant, ou une plus grande quantité de lumière réfléchie,fatigue plus promptement l’organe, et le rend par-là plutôt sus-ceptible des ébranlemens qui produisent en nous ces illusions.
Buffon fit éprouver celles dont nous venons de parler, et dansles mêmes cas, à plusieurs personnes : qui toutes voyoient lesmêmes apparences, c’est-à-dire , des apparences de même nom ;car on sait qu’il n’est pas sûr que les mêmes objets colorés ré-veillent, en différentes personnes qui les regardent, les mêmessensations de couleurs, et nous en pourrions dire autant parrapport aux saveurs et à toutes les autres qualités sensibles : ceque j’appelle verd, un autre peut fort bien le voir comme ce quej’appelle jaune ou violet. Le monde sensible est plein de mal-entendus j mais on ne laisse pourtant pas de s’entendre et de con-venir jusqu’à un certain point, lorsqu’on applique constammentles mêmes dénominations aux mêmes causes de ce que l’on sent