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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. Si 7de part et d’autre. Ainsi, les expériences de Buffon , répétées pard’autres physiciens, et suivies en ce sens des mêmes effets, for-tifient d’autant plus les inductions qu’il en tire par rapport àl'optique et à l’organe de la vue du commun des hommes.

Une maladie, ou une incommodité ordinaire de cet organe,surtout chez les gens d’étude et les observateurs, est celle destaches obscures ou points noirs qu’on voit voltiger sur le papieret sur les autres objets éclairés. Le fréquent usage du microscopeet des lunettes d’approche, ces expériences, même sur les cou-leurs, sont très-capables de la produire ; et Buffon , qui s’y étoitexposé par tant d’endroits, 11e l’avoit pas évitée; le jaune luiétoit insupportable ; il évita de regarder ces couleurs trop fortes,et tous les objets brillans, et il parvint à se guérir.

Ce mémoire finit par une observation digne de remarque , etdont Buffon s’étonne que les physiciens et les auteurs d’optiquen’aient point parlé. Les ombres des corps qui, par leur nature,doivent être noires, puisqu’elles ne consistent que dans la pri-vation de la lumière, et qu’en effet elles ne présentent ordinai-rement à l’œil que du noir, sont toujours colorées au coucher etau lever du soleil. Buffon avoit observé plus de trente soleils levanset autant de soleils couchans, où les ombres qui tomboient surune muraille blanche, ou sur du papier blanc, étoient vertes etplus souvent bleues, mais d’un bleu aussi vif que celui du plusbel azur. Le phénomène se soutint dans toutes les saisons, etdepuis qu’il l’avoit annoncé d’autres personnes très-exercées àobserver, l’avoient vérifié. Mais ces couleurs doivent être misesau nombre des couleurs réelles , et se peindront, sans doute, sucle fond de l’œil, et dans la chambre obscure qui fournit un desprincipaux moyens de les distinguer d’avec celles qui ne sontqu’accidentelles.

L’historien de l’Académie (Mairan) y ajoute ce qui se passe àl’égard de certaines couleurs, telles que le bleu et le verd, vuespendant la nuit , à la lumière des lampes et des bougies, avecl’échange vrai ou apparent qui s’en fait; car on sait qu’il esttrès-difficile de les distinguer, ou plutôt de ne les pas prendrepresque toujours l’une pour l’autre. Surquoi il remarque seule-ment que ces deux couleurs,qui sont contiguës dans le spectre, ouimage solaire que donne le prisme , diffèrent vraisemblablementbeaucoup moins entr’elles , par leur mécanisme, comme parleurréfrangibilité, que celles qui sont séparées dans la même imagepar d’autres couleurs intermédiaires. Mais on peut demander sice verd , qu’on voit alors comme bleu, et ce bleu, que l’on prendpour du verd, sont réels ou accidentels? se peignent ils au fondde l’œil conformément à la sensation qui en résulte ? ce seroit«ans doute un sujet de recherches, assez curieux et assez fécond,Tome III, Bd dd