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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 5 9 Sses prétendues découvertes sanctionnées par le jugement d’unecompagnie savante. II engagea M. le duc de Villeroy à remettreà l’académie de Lyon, dont il étoit protecteur, une médailled’or de 3 oo liv. pour un prix extraordinaire qu elle devoit dé-cerner au meilleur mémoire sur cette question : « les expériences*> sur lesquelles Newton établit la différente réfrangibilité des» rayons hétérogènes, sont elles décisives ou illusoires » ? Marat,qui probablement avoit fourni l’argent, comptoit remporter leprix , il cabala long-temps pour que l'académie jugeât en salaveur; mais elle n’entra pas dans ses vues; ses commissaires furentsourds aux préventions qu'on tâcha de leur inspirer, et après unediscussion approfondie, cette société, dans son assemblée du17 août 1776, accorda le prix à un mémoire dont l’auteur étoitle cit. Flaugergues, astronome de Viviers, aujourd’hui associéde l’Institut , et l’accessit à un autre mémoire composé parM. Brugmann , professeur de philosophie et de mathématiques àGroningue , tous deux défenseurs de la théorie newtonienne : leconcours avoit produit huit mémoires, quatre pour et quatrecontre cette théorie.

L’ouvrage de Marat contient un grand nombre d’expériences,mais qui étoient déjà presque toutes connues , et qui, dans laréalité, confirment la théorie de Newton sur les couleurs : si lesrésultats de quelques-unes de ces expériences paroissent infirmercette théorie, cela vient du peu de soin de l’auteur, qui, aulieu d’opérer, comme Newton, dans une chambre soigneuse-ment fermée à toute lumière, excepté celle du faisceau qu’ilanalysoit, s’étoit plu au contraire à introduire la lumière parde larges ouvertures ; ensorte que les effets appartenans au fais-ceau de rayons sur lequel il opère, se trouvent compliqués avecceux qui sont produits par la lumière étrangère , de manière à neprésenter qu’un résultat douteux et incertain. Le phénomènedes ombres colorées dont nous avons parlé cidevant a fourniencore aux illusions de l’auteur, qui ne savoit pas le distinguer,le séparer des autres phénomènes.

Les principales assertions de Marat sont, i°. qu’il n’y a quetrois couleurs primitives, le rouge, le jaune te le bleu : sur cepoint, il n’est que l’écho de Gauthier d’Agoty ; 2 0 . que les cou-leurs, dans l’expérience ordinaire du prisme, sont produites parla déviation des rayons sur les bords du trou du volet, ou enpassant par des inégalités du prisme ; 3°. que tous les rayonssont également réfrangibles ; 4 0 . enfin, qu’on ne peut décom-poser la lumière par le moyen de la réfraction, et pour prouverune assertion aussi étrange , il propose de faire tomber sur unprisme la pointe du cône réfracté par une lentille, et de recevoirles rayons réfractés par ce prisme sur un carton où ils formeront

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