Band 
Tome troisième.
Seite
596
JPEG-Download
 

5y6 HISTOIRE

une aire blanche entourée de croissans ciselés : cette aire blanche ,suivant Marat, est une lumière indécoinposée et indécompo-sable; mais un écolier sait que la réfraction, au travers d'unprisme, ne donnant que cinq à six degrés de divergence auxrayons hétérogènes, parallèles dans leur incidence sur ce prisme,si ces rayons au lieu de former un faisceau parallèle, forment unfaisceau d’uue divergence plus grande que six degrés, ils nepeuvent plus être entièrement séparés par la réfraction , et ildoit rester au milieu du spectre , une aire blanche correspon-dante à l’espace sur lequel ils tombent ensemble. Si l’on veutencore s’assurer combien est fausse la conséquence tirée parMarat, de cette expérience, il n’y a qu’à placer un autre prismedans cette lumière, qu’il prétendoit indécomposable, et à unedistance du foyer de la lentille, telle que la largeur du prisme nesoustende qu’un angle de 3 a' environ , la portion de cettelumière , réfracté par ce second prisme, va former un spectreabsolument semblable à celui qu’on obtiendroit en opérant avecles rayons directs du soleil.

Il seroit trop long de relever ici de pareilles bévues ; touteales conséquences que tire l’auteur des expériences qu’il a com-pilées dans son ouvrage , sont dans le même goût; mais aussi lemémoire couronné , ne contient pas seulement la réfutation desopinions erronnées de Marat, de Rizetti , de Gautier , deLecat , etc. Il peut être regardé comme un supplément àl’optique de Newton , l’auteur y ayant donné les démonstrationsque Newton avoit supprimées pour être plus court; ces démons-trations sont toutes synthétiques et fondées uniquement sur lesélérnens d’Euclide et sur la trigonométrie ; il a suivi la mêmeméthode dans un Mémoire sur la théorie de Varc-en-ciel, quifut couronné l’année suivante ( 1787 ) , par l’académie de Mont-pellier , et qui, joint au précédent, fait une défense complettede la théorie newtonienne de la lumière et des couleurs.

Marat avoit demandé à l’académie des commissaires pour desexpériences faites au microscope solaire, auxquelles on donnaune espèce d’approbation : il la fit imprimer à la suite de sesrêveries, et l’on fut obligé d’en faire un désaveu.

Ses idées sur l’arc-en ciel sont aussi pitoyables: il n’avoit pasmême une idée de ce que l’on savoit avant Newton, que deuxrayons tombant sur une goutte de pluie, de manière qu’après s’yêtre rompus, et avoir été réfléchis une ou deux fois par la goutte ,ils sortent encore parallèles. Ainsi, tous autres rayons que ceux-là étant divergens au sortir de la goutte , ne peuvent porter auloin aucune impression lumineuse; et Marat ne donnoit qu’uneidée de sa profonde ignorance, en prétendant que si l’explicationjjewtonienne ou cartésienne de l’arc-en-ciel, étoit vraie, on